Un reportage de Frédéric Ojardias, à Séoul, en Corée du Sud

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Officier Hwang Heung-gi : «Après leur fuite de Corée du Nord, les enfants réfugiés rencontrent d’immenses difficultés pour s’adapter à leur nouvel environnement scolaire, au Sud. C’est pour les aider que nous avons démarré ce programme. »

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Corée © duncid

Le commissariat de cet officier de police sud-coréen a mis en place une initiative originale : il organise des cours de soutien scolaire destinés aux enfants de réfugiés nord-coréens.

Plus de 23 000 Nord-Coréens ont déjà trouvé refuge au Sud, après avoir fui la misère et la répression de leur pays natal. Mais leur intégration est très difficile, et ces difficultés commencent dès l’école.

En Corée du Sud vivent désormais 3.000 enfants nés du côté Nord de la frontière. Leur adaptation dans le système scolaire du Sud, très compétitif, représente un véritable défi. Shin Hyo-sook est spécialiste de l’éducation au sein de la Fondation pour les Réfugiés nord-coréens, à Séoul.

Shin Hyo-sook : « En Corée du Nord, officiellement 10% des cours visent à déifier la famille dirigeante des Kim. Mais en réalité, c’est plutôt 50% ! Bien sûr, l’école y est obligatoire, mais en raison des graves problèmes économiques, les enfants doivent travailler pour survivre et ne vont pas en cours. Lors de leur fuite en Chine, ils vivent cachés et ne peuvent pas aller à l’école. Quand ils arrivent au Sud, c’est vraiment difficile pour eux . »

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Pour aider ces enfants, les initiatives se multiplient. Certaines sont plutôt inattendues : par exemple, ce commissariat de Gimpo, une ville de la banlieue de Séoul, organise des cours de soutien scolaire.

Hwang Heung-gi est l’officier en charge du projet.

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Hwang Heung-gi : « Nous avons ici des policiers anti-émeute qui font leur service militaire. Ce sont de jeunes étudiants de l’université, qui sont intelligents et talentueux. Et comme les jeunes réfugiés rencontrent de grandes difficultés pour s’adapter à l’école sud-coréenne, nous avons mis en place ce programme. Les professeurs sont comme des grands frères, qui leur apprennent la culture sud-coréenne et qui les aident à s’intégrer . »

Au programme : mathématiques et anglais. Parmi les enfants qui viennent chaque semaine, cette écolière âgée de 12 ans, arrivée au Sud l’année dernière.

Jeune écolière : « Je veux vraiment étudier, mais il y a beaucoup de matières très difficiles. Aujourd’hui, on a travaillé les équations, et les égalités mathématiques. Ce cours de soutien m’aide vraiment, je comprends beaucoup mieux maintenant. »

Son professeur est un jeune conscrit, Kim Jae-wu. Pour lui, ces cours permettent aussi aux Nord et Sud-Coréens de mieux se comprendre.

Kim Jae-wu : « Au début, je ne connaissais pas de réfugiés nord-coréens, et je ne savais pas grand-chose d’eux. Mais après avoir rencontré ces écoliers, je me suis rendu compte que nous n’étions pas si différents. Mais j’ai découvert qu’ils souffrent de nombreux retards scolaires ; c’est vraiment un problème.

J’ai choisi de participer au projet parce que je voulais apporter une aide à ces enfants, même si cette aide est toute simple. »

Pour les jeunes nord-coréens les plus en difficulté, le gouvernement de Séoul a mis en place une vingtaine d’écoles spéciales. Ces jeunes transfuges bénéficient aussi de systèmes d’admission facilitée à l’université. Selon le gouvernement, cela permet à 80% des lycéens d’origine nord-coréenne de poursuivre leurs études après leur bac.

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