Un reportage signé Sébastien Farcis, à Goa, en Inde

Joy : « Mon pays, c’est Goa. Je suis Goanais avant tout. »

Vagator Beach, Goa
Vagator Beach, Goa © Zerohund

Joy a 25 ans. Son père est autrichien et sa mère française, mais lui est né à Goa : c’est un des nombreux enfants de ces hippies qui étaient venus s’installer dans ce petit Etat de l’Inde, dans les années 70, pour créer leur propre société.

Rejetant la consommation qu’ils avaient fuie, ces occidentaux vivaient souvent nus, dans des paillottes, au bord des belles plages de Goa. Et c’est là qu’ils ont eu des enfants, souvent élevés entre Goa et l’Occident. Des enfants qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans, et qui sont loin n’adhérent pas vraiment aux idées de leurs parents.

Joy a un long tatouage noir qui couvre tout son bras droit. Sa peau est blanche, mais son cœur est goanais. C’est sur cette plage de Vagator où il joue maintenant au beach volley, qu’il a passé son enfance.

Joy : « Mon père est arrivé en 1976, avec un bus de hippies. C’est ici qu’il a rencontré ma mère et ils vivent toujours à Goa. Je pense qu’il n’y pas de meilleur endroit pour grandir. Que vouloir de plus ? Le soleil, la plage, de bonnes énergies… J’ai fait ce que j’ai voulu et j’en suis heureux. »

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Habitué à l’air libre plutôt qu’aux salles de classes, Joy n’a pas fait d’études supérieures. A la place, depuis 5 ans, il travaille pendant 6 mois de l’année à Vienne, comme ouvrier, pour économiser environ 3000 euros, et passer le reste à se reposer à Goa. A l’inverse, son ami d’enfance, William, 28 ans, fils d’Américains hippies de Goa, est parti dès l’âge 12 ans faire ses études aux Etats Unis, et il est maintenant entré sans complexe dans la société capitaliste.

William : « Je dirige un incubateur d’entreprises sur Internet : nous avons une plateforme en ligne, nous fournissons des idées aux entrepreneurs et un modèle pour les financer. Cela me permet de gagner ma vie tout en passant au moins 3 mois de l’année à Goa. Après le match, je vais d’ailleurs retourner travailler. »

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Pour beaucoup de ces enfants de hippies, Goa fait partie de leur identité. Mais leur mode de vie est bien différent de celui de leurs parents.

William : « Nous avons grandi dans un environnement qui ne nous imposait aucune règle et nous avons tout connu très jeunes. A 15 ans, j’avais par exemple déjà vu des gens sous acide ou prendre de l’héroïne. J’ai moi même essayé certaines choses et cela m’a fait grandir très vite, et m’a finalement poussé à découvrir autre chose. Aujourd’hui je pense que nous sommes beaucoup plus sérieux que nos parents. C’est peut-être notre manière de nous rebeller. »

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