Par Sébastien Farcis, correspondant de Radio France Internationale à Bombay, en Inde

Un jeune indien :

Nous venons souvent le dimanche pour essayer de voir Salman Khan. Moi je ne l'ai jamais vu, il me paraît donc tellement inatteignable.

Bollywood : Priyanka Chopra danse
Bollywood : Priyanka Chopra danse © REUTERS/Mark Blinch

Dans le quartier de Bandra, à Bombay, comme ce jeune homme, des centaines d'admirateurs de Salman Khan, l'un des plus grandes stars de Bollywood, font le pied de grue pour tenter d’apercevoir leurs idoles.

Certains d’entre eux vénèrent ces acteurs comme des demi-dieux, d'autres viennent juste rendre hommage à leur réussite qui pourrait, sait-on jamais, s'avérer contagieuse.

Un fanatisme typiquement indien qui est cependant en train d’évoluer aujourd’hui.

Groupes scolaires, simples admirateurs ou fans enragés, comme tous les dimanches, des centaines de fidèles affluent sur la corniche de Bandra, à Bombay, devant le bungalow surmonté de barbelés appelé « Manaat ». C'est ici que vit le brun ténébreux, le Roi de Bollywood : Shahrukh Khan.

Sahil a revêtu sa plus belle chemise brillante rouge. Il s'est coiffé les cheveux en arrière et porte les Ray ban typiques de son idole. Il est venu de Calcutta, à 2000 km de là, pour le voir en chair et en os:

Sharukh, ce n'est pas qu'un personnage. C'est un homme complet, vraiment bon. Il est humain donc on ne peut vraiment pas le comparer à un dieu, mais il se trouve au même niveau qu'eux. Il est béni.

Mais même au sein du panthéon de Bollywood, ces demi-dieux ont des concurrents.

Un fan de Salman Khan :

Shahrukh Khan c'est pour les filles. Et il a pris la grosse tête, il est trop riche. Moi je suis venu voir Salman Khan, qui habite à côté. Lui c'est un costaud. Pour moi, il est comme un vrai pote.

Salman Khan, c'est l'acteur bodybuildé qui terrasse les méchants à coups de poings et de cascades. Au box office, les deux sont des rivaux sans pareils, mais il se trouve qu'ils habitent juste à côté l'un de l'autre.

Sanchi a le regard fixé vers l'appartement où habite son idole. Il vient tous les dimanches depuis la banlieue de Bombay, à une heure d'ici, mais n'a jamais pu le voir :

Je sais qu'il n’est pas là aujourd'hui, mais ce n'est pas grave. Pour le voir, je vais à chacun de ses films à trois séances de suite le jour de leur sortie. Ici, je viens rendre hommage à l'homme qui a réussi. J'espère ainsi que je serai béni et que je pourrai réussir comme lui dans la vie.

Ce fanatisme est engendré par la différence abyssale de niveaux vie qui existe entre des stars comme Shahrukh Khan, qui gagne 23 millions d'euros par an, et leurs admirateurs qui vivent avec à peine 3 euros par jour. Mais cela est progressivement en train de changer dans l'Inde moderne, qui voit l'émergence d'un cinéma indépendant plus réaliste et où, de manière générale, les stars sont moins sacrées qu'avant.

Shruti Hasan est une actrice montante de 27 ans : `

Les stars comme Shahrukh Khan appartiennent à une catégorie à part et réduite. Ils sont là depuis longtemps, et les fans les idéalisent. Mais les acteurs de la nouvelle génération comme moi doivent construire leur célébrité de manière plus réaliste. Car les fans d'aujourd'hui vous suivent sur Twitter, ils veulent connaître votre vie et plus seulement l'illusion d'un personnage.

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