Un reportage de Nicolas Ropert, correspondant de RFI à Kaboul, en Afghanistan

Hélène Vidon est la chef de mission de l'ONG française Madera : « Depuis quelques années, dans certaines provinces de l’Est, il y a effectivement un accès plus limité à en terme des équipes expatriées. En revanche, l’accès à la province du Wardack devient difficile, aussi bien pour les expatriés que pour les Afghans . »

Camp à Kaboul, Afghanistan
Camp à Kaboul, Afghanistan © Oriane Zerah pour Solidarités Internationales

Hélène Vidon est la chef de mission de l'ONG française Madera, une ONG spécialisée dans le développement rural. Elle évoque ses difficultés à travailler sur le terrai, qu'elle n'est pas la seule à rencontrer. Il y a quelques semaines, à Genève, le président du Comité International de la Croix-Rouge, Peter Maurer, alertait sur la situation des humanitaires en Afghanistan, qui pourrait s’aggraver avec le retrait des troupes de la coalition étrangère.

Il y a plus de 2000 organisations non-gouvernementales afghanes et internationales en Afghanistan. Le plus important est de s'assurer du soutien de la population. C'est ce que pense Hélène Vidon.

Hélène Vidon : « Madera est implantée notamment dans les provinces de l’est depuis très longtemps, et s’appuie beaucoup sur l’image qu’elle a auprès des communautés, sur le fait que nous apportons un appui dans la durée qui nous donne une certaine légitimité. Et nous essayons aussi de recruter au maximum nos équipes à partir de la population locale. Ce qui facilite évidemment l’accès. »

__

Au niveau national, les attaques des groupes d'opposition armés ont augmenté de 47% sur les 3 premiers mois de l'année par rapport à l'année précédente. Madera fait face à des difficultés croissantes dans certaines régions, comme dans la province de Ghor, située à l'Ouest de l'Afghanistan.

Hélène Vidon : « C’est une région extrêmement vaste. Elle est occupée par une multitude de petits groupes armés locaux, qui peuvent être criminels, qui peuvent être des groupes d’opposition mais pas nécessairement affiliés aux Talibans, qui peuvent être des groupes liés aux Talibans ou liés occasionnellement aux Talibans, en fonction de l’intérêt que cela peut représenter pour eux. Et c’est ce morcellement d’acteurs qui rend la gestion plus difficile. »

__

Le mois dernier, 2 employés afghans du Croissant Rouge ont été tués dans le Nord du pays. Il est de plus en plus dangereux de se déplacer constate le CICR. Robin Waudo est le porte-parole de l'organisation à Kaboul.

Robin Waudo : « La situation sécuritaire a continué à se dégrader ces dernières années. En 2011, 2012 et même cette année, on a vu qu'il était de plus en plus difficile de se déplacer. Cela s'explique par la multiplication du nombre de groupes armés. Avec certains nous n'avons pas de contact, certains sont purement criminels. Nous sommes en discussion avec le plus important groupe d'opposition armé, ce qui nous permet de pouvoir bouger dans certaines zones mais pas partout. »

L'ONG Acbar coordonne les organisations humanitaires en Afghanistan. Les ONG poursuivent leur travail dans les 34 provinces que compte le pays, assure Justine Picquemal, sa directrice.

Justine Picquemal: « Les ONG elles-mêmes ont des règles de sécurité très strictes. C’est un pays très compliqué, toujours en lien avec la criminalité. Ce n’est pas un nouveau problème, c’est un problème qui existe depuis des années ; on sait où est-ce que l’on est, on sait comment travailler. Donc maintenant, nous allons de nouveau travailler sur nos règles de sécurité en interne dans Kaboul ville, mais aussi en province. Le risque zéro n’existe pas en Afghanistan. »

Récemment, l'ambassade de France à Kaboul a envoyé un message aux résidents français en Afghanistan, en leur demandant de prendre d'avantage de mesures de sécurité. Deux maisons, dont une d'ONG, ont été attaquées dans la capitale afghane. Une situation qui ne devrait pas s'améliorer après le retrait des troupes étrangères qui sera effectif fin 2014.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.