Reportage d', correspondante à Amman en Jordanie

Mouna visite la rue Moutanabi :

C’est ma première visite depuis longtemps. Avant la chute de Saddam on venait régulièrement pour faire imprimer des faire-part ou acheter des livres. Et on pouvait même se proccurer le Coran. Mais après avec les problèmes ici en Irak, tout s’est arrêté.__

Aujourd’hui nous allons en Irak à Bagdad. Paradoxalement, la vie reprend dans la capitale irakienne, tout simplement parce que le nombre d’explosions diminue. Un des lieux mythiques des Bagdadis a retrouvé vie. Le marché aux livres de la rue Mutanabbi n’a jamais été aussi fréquenté depuis 2003 et la chute de Saddam Hussein.

C’est l’un des plus vieux marches aux livres du moyen orient. Anas, 13 ans, déambule le long des étals avec son père.

Anas, jeune garçon âgé de 13 ans :

J’aime bien venir ici. J’aime les livres et le fleuve au bout de la rue. J’achète des livres de magie et de poésie. C’est chouette ici. Vraiment chouette.__

Abou Ahmed, père d’Anas :

Je viens ici tous les vendredis, vraiment tous les vendredis. Le seul moment où j’ai arrêté de venir c’est pendant la guerre civile. Cette rue fait partie de notre héritage citadin de Bagdad. Et aujourd’hui elle est plus vivante que jamais. Et en plus les livres ne sont pas chers. Malgré internet et tout ça, les gens viennent ici pour acheter des livres. Regardez autour de vous.__

Peinture de Mutanabbi dans la rue qui porte son nom à Bagdad
Peinture de Mutanabbi dans la rue qui porte son nom à Bagdad © wikipedia

Depuis 2003, les livres en langue étrangère ont fait leur apparition. On trouve de tout dans la rue moutanabi des livres neufs ou d’occasion, des livres de cuisine, des livres d’informatique… ou des manuels d’histoire.

La rue est située dans le quartier historique de Bagdad. Elle a été inaugurée en 1932 par le roi Faysal 1er. Un attentat en 2007 avait tué plusieurs dizaines de morts. En 2008 elle est officiellement rouverte. Mais il a fallu du temps pour retrouver la foule du vendredi. Aujourd`hui il faut toujours se soumettre à une fouille de la police mais les bagdadis viennent de plus en plus nombreux.

Balqis elle est avec sa fillle, étudiante en magistère. Le marché du vendredi est une tradition de mère en fille.

Balqis :

J’aime bien venir, ça me permet de me changer les idées et d’oublier les informations et tout le stress. Ici je suis psychologiquement relaxe. L’ambiance est sereine, les livres les gens tout ça c’est relaxant. Cette rue c’est notre rue, la rue de notre héritage de notre culture, la rue qui représente la manière de vivre de Bagdad. Quand je viens ici je me sens bien. Ça me rappelle Bagdad des années 70 et 80, comme cette ville était belle. Avant plein d’étrangers venaient à ce marché du week-end. J’ai des souvenirs ici.__

Car la rue Moutanabi est une vitrine de la vie intellectuelle de Bagdad. Les artistes, les professeurs ont chacun leur coin. Avec La rénovation de deux vieux bâtiments universitaire près de la place Qesla… la rue Moutanabi est à nouveau une ruche culturelle. Conférences, projections de films, expositions attirent une foule d’étudiants et d’intellectuels.

La rue se termine sur le bord du fleuve Tigre. Les badauds aiment prendre des selfies avec la statue du poète Mutanabbi. Ce poète du 10e siècle est un monument de la littérature arabe.

Le marché aux livres de la rue Mutanabbi à Bagdad
Le marché aux livres de la rue Mutanabbi à Bagdad © Angélique Ferat / Angélique Ferat
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