Un reportage d'Olivier Bonamici, à Alenquer, au Portugal

Daniel Nascimento : " Avant, ce terrain était à l’abandon, avec plein de feuilles et de boue. Mais là, ça a changé. La terre est redevenue fertile. J’ai aussi construit un hangar, une serre, et si tout se passe bien, je commencerai la récolte cette année. »

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La crise économique que vit le Portugal concerne de plus en plus de jeunes, et 1 sur 3 est actuellement au chômage. Pour trouver un travail, certains choisissent de quitter le pays ; d'autres –très nombreux-, se lancent dans l'agriculture. A Alenquer, à une trentaine de kilomètres de Lisbonne, nous avons rencontré un jeune père de famille reconverti.

Daniel a décidé de changer de vie. Cet ingénieur de formation va devenir agriculteur. Sur les trois hectares de terrain qu'il possède, il va cultiver des plantes médicinales, cinq espèces au total, qui seront ensuite exportées en France. Daniel ne s'est pas découvert de vocation d'agriculteur. S'il change de métier, c'est parce que, comme beaucoup de jeunes Portugais, il est dans une situation précaire.

Daniel Nascimento : « Je suis ingénieur à la mairie depuis 10 ans, et pourtant, je ne gagne que 680 euros par mois. Il faut que je fasse attention à chaque centime. En plus, ma femme n'a pas de contrat de travail. Aujourd’hui, elle a un emploi. Mais demain, elle peut le perdre. C’est en raison de notre situation que nous nous sommes lancés dans l'agriculture, pour faire face à nos dépenses et assumer nos responsabilités en tant que parents »

Comme Daniel, des dizaines de milliers de jeunes diplômés se sont lancés ces derniers mois dans l'agriculture. Ils profitent des petits lopins de terre que possèdent de nombreuses familles au Portugal.

Mais cet engouement serait impossible sans les aides publiques. Dans le cas de Daniel, son projet lui a coûté 80 000 euros et les trois quarts de cette somme ont été payés par l'Union Européenne. En parallèle, Daniel a contacté une Association de Jeunes Agriculteurs qui lui a conseillé d'investir dans des produits rentables.

Hugo Carrasco est responsable de cette Association.

Hugo Carrasco : « Les jeunes n'ont pas beaucoup d'argent à investir et en même temps, ils aiment la nouveauté. Alors, on leur conseille d'investir dans des produits à forte valeur ajoutée, même si techniquement, c'est plus difficile. Par exemple, au lieu de cultiver cent hectares de maïs, ces jeunes feraient mieux de cultiver un hectare de plantes aromatiques. En termes de bénéfices, ça se vaut. Mais si l’on parle de coûts fixes et d'investissements, c'est moins lourd »

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Des plantes médicinales dans le cas de Daniel, mais aussi des myrtilles, des framboises ou encore des champignons : ce sont les produits à la mode dans les nouvelles exploitations agricoles. Daniel a placé la barre très haut : il compte gagner, d'ici 2015, plus de 50.000 euros par an, soit 6 fois plus que son salaire actuel d'ingénieur.

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