Unreportage de Marie Vallerey, à Kuala Lumpur, en Malaisie

Femmes Malaisie
Femmes Malaisie © CmicBlog

Le secret d'un mariage réussi ? C'est la soumission de l’épouse et la dévolution de tout son temps à l’épanouissement sexuel de son mari, comme nous l’explique cette représentante de l'Obedient Wives Club.

Lancé en juin, il compte déjà plus de 1.000 membres, principalement musulmanes, dans les treize états de Malaisie. Son but : diminuer le taux de divorce en apprenant aux femmes comment « obéir, divertir et servir leur mari pour l'empêcher de s’égarer dans le péché ».Le club, qui a ouvert des antennes en Indonésie, à Singapour et dans d'autres pays d'Asie du Sud-est, espère bien se développer, à terme, en Europe.

En pleine banlieue de Rawang, les locaux exigus de l'Obedient Wives Club, littéralement « le Club des épouses obéissantes ». Deux fois par mois des femmes, principalement musulmanes, s'y réunissent pour devenir de « meilleures épouses » et satisfaire sexuellement leur mari.

Mieux distraire son mari, accepter son statut de partenaire inférieur... L'Obedient Wives Club délivre cours et conseils en se basant sur une lecture radicale des préceptes de l'Islam. Norha Fizah est membre. Voilée de la tête aux pieds, cette mère de dix enfants constate des changements dans sa vie de couple.

Norha Fizah : « Sexuellement, c'est vrai que ça se passe beaucoup mieux. J'ai découvert que le sexe entre un homme et sa femme était un don de Dieu et qu'il n'y avait rien de mal à ça »

Des séminaires ouverts à tous -non musulmans, maris et femmes- sont organisés pour recruter de nouveaux adeptes. Fauziah, la présidente du club en Malaisie, nous résume leur objectif.

Fauziah : « Le gouvernement et les ONG essayent tant bien que mal de soigner les maux de la société comme la prostitution ou l'abandon de nouveaux nés. En étant une épouse obéissante, on peut résoudre ces problèmes »

Des propos qui dérangent l'association Sisters In Islam, qui se bat depuis vingt ans pour les droits des femmes musulmanes dans le pays.

Sisters In Islam : « Ils jouent avec les mots, ils interprètent à leur manière les sources de l'Islam pour justifier leur message. Nous sommes évidemment contre cela »

Malgré des demandes d'interdiction, le club n'a rien d'illégal au regard de la loi malaisienne. Pourtant, la majorité des membres sont des employés de Global Ikhwam, une société de services créée par Abuya Ashaari Mohamed, un leader religieux très controversé en Malaisie qui avait fondé une organisation islamiste interdite par les autorités en 1994.

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