Un reportage signé Stéphanie Braquehais, à Mogadishu, en Somalie

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business Somalie © Radio France

Nur Ali Warsame :__ « La corruption affecte notre business. Nous sommes déçus car le gouvernement collecte cet argent, mais il ne fait rien pour la population, il ne nous rend aucun service »

Les murs sont fraîchement peints et contrairement aux immeubles du voisinage, ne sont pas criblés d’impacts de balles. L’hôtel Safari a été ouvert au début de l’année. Les clients discutent dans la cour à l’ombre d’un arbre. De temps à autre, on entend le claquement d’une arme automatique. A quelques dizaines de mètres, se trouve le carrefour kilomètre 4, dernière jonction avant l’aéroport. Le commerce à Mogadishu c’est notamment la vente d’armes. Certains vendeurs profitent de la rue comme d’un stand d’exposition, ce qui peut parfois surprendre les étrangers de passage. Abdi Nasir le gérant de l’hôtel doit souvent rassurer les clients.

Adi Nassir : « Je leur fais comprendre que les gens, là-bas, ils ouvrent le feu seulement pour vendre des armes. Ils ne font de mal à personne, ce sont juste des commerçants ! Si vous me vendez une arme, il faut me prouver qu’elle marche, c’est pour ca qu’on entend les boum boum ».

Le propriétaire de l’hôtel est un homme d'affaire prospère. Nur Ali Warsame, exerce des activités multiples. Il fait de l’import-export de nourriture, d’essence. Il possède trois maisons qu’il loue au mois à des Somaliens. Il rachète aussi des terrains pour louer des parcelles. Dans ce pays en guerre civile depuis vingt ans, il y a eu des expropriations, mais s’est mis en place un système informel pour reconnaître les propriétaires.

Nur Ali Warsame : «Il y a deux options : certaines personnes ont encore des documents, des titres de propriété. A ce moment-là, la transaction est facilitée. L’autre option, c’est que vous n’avez pas de documents. Dans ces cas-là, ce sont les gens, qui savent à qui appartenait quoi ».

Nur se frotte les mains car en ce moment les clients affluent. Depuis le retrait des insurgés islamistes, les organisations humanitaires, principalement des pays du golfe, composent la majeure partie de sa clientèle.

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