Un reportage à Shanghai de Delphine Sureau.

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Yangyang est une étudiante de 21 ans bientôt diplômée. Elle s’apprête à subir sa deuxième opération de chirurgie esthétique. A Shanghai, les cliniques font le plein au fur-et-à-mesure que la fin de l’année universitaire approche. Car comme Yangyang, beaucoup de jeunes diplômés pensent que des paupières débridées ou un nouveau nez vont augmenter leurs chances sur le marché du travail.

YangYang - Shanghai
YangYang - Shanghai © Radio France / Delphine Sureau

En Chine, la compétition pour trouver un premier job est féroce, et à compétences égales, les employeurs optent – sans tabou – pour le candidat le plus beau.

Cachée derrière sa longue chevelure brune, Yangyang patiente dans les fauteuils rococo de la clinique Charme. A 21 ans, la jeune fille filiforme est diplômée en commerce international. Et elle trouve son menton fuyant.

Yangyang a donc opté pour des injections d’acide hyaluronique. 600 euros la séance, c’est un sacrifice financier. Mais d’après elle, le jeu en vaut la chandelle

J’ai déjà échoué à plusieurs entretiens d’embauche. Je veux être chargée de com’ (communication), et mon menton c’est mon point faible, même si on ne me le dit pas directement

Clinique de chirgurgie esthétique
Clinique de chirgurgie esthétique © Radio France / Delphine Sureau

Cette année, plus de 7 millions de jeunes diplômés vont sortir des universités chinoises. Avec à la clé un taux de chômage de 10%. Trouver un emploi intéressant et bien payé n’est donc pas à la portée de tout le monde. La chirurgie esthétique peut faire la différence explique Guo Juan, la directrice adjointe de la clinique.

En 2013, on a vu une hausse de 30% sur un an du nombre d’étudiants venus faire une opération. Actuellement, sur le marché de l’emploi, il y a 3 choses qui comptent : paraitre en bonne santé, être intelligent, et avoir un physique agréable. Donc on peut dire que l’apparence de quelqu’un est déterminante pour la réussite de sa carrière.

D’ailleurs les recruteurs l’avouent sans problème : à compétences égales, c’est le candidat avec le physique le plus avantageux qui sera choisi… surtout lorsqu’il s’agit de candidates. C’est pourquoi les jeunes filles entre 20 et 30 ans constituent la majorité de la clientèle de la clinique Charme.

70% d’entre elles veulent une double paupière, moins épaisse. Parce que nous les femmes asiatiques n’avons pas le même ADN que vous les européennes, avec de grands yeux, qui ont de la profondeur ». La deuxième opération la plus demandée, c’est la rhinoplastie. Avec le grand succès du moment : le nez « Tour Eiffel », haut, long et un peu pointu… comme celui des françaises. C’est ce qu’ont réclamé récemment deux amies lors de leur rendez-vous avec Li Yuehe. Elles s’apprêtaient à passer un concours d’hôtesse de l’air

Li Yuehe est chirurgienne et explique qu'une opération renforce la confiance en soi:

Celle que j’ai rendue belle a été prise, alors que celle qui a eu peur que je l’opère a été recalée. Après cela, elle est revenue à la clinique, en disant que c’était dommage, que si elle avait eu plus de courage, elle aurait réussi le concours. C’est vous dire l’importance de la chirurgie esthétique.

Mais l’histoire ne dit pas si avec son nouveau nez, la patiente est finalement devenue hôtesse de l’air…

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