Un reportage de Caroline Vicq, à la Fondation de l’Azul, à Salta, dans le nord-ouest de l’Argentine

Elena Castaldi, présidente de la Fondation de l’Azu l :

Quand sa neurologue voit son état clinique, elle dit que ça ne correspond pas à ses examens. Parce qu’il a le cerveau très atteint, mais c’est un enfant qui marche, court et monte tout seul à cheval et qui fait plein de choses qu’on n’imaginait pas pour lui.

chevaux - The Nokota stallion Jumping Jack and his band of two mares and foals on the North Dakota prairie.
chevaux - The Nokota stallion Jumping Jack and his band of two mares and foals on the North Dakota prairie. © radio-france / Seth Zeigler

Elena Castaldi préside la Fondation de l’Azul, à Salta, dans le nord-ouest de l’Argentine. Elle nous parle des progrès faits par son enfant handicapé grâce à l’équithérapie, une méthode thérapeutique qui utilise les chevaux et qui est de plus en plus à la mode dans un pays où l’on raffole d’équitation.

Sur la piste en plein air, trois superbes chevaux argentins. Et dessus, Emilce, Matias et Angelito, le casque sur la tête et le sourire aux lèvres.Autour de chaque enfant, une kiné, une psychologue et un assistant qui les encouragent, les stimulent et les accompagnent.

Monica Campodonico, psychologue :

Attention Mathias ! Tu vas passer l’anneau dans le bâton, mais sans le toucher. Très bien, Mati, super !

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Monica Campodonico est psychologue et coordinatrice thérapeutique de la Fondation de l’Azul :

On travaille avec des grands éléments, des anneaux, des balles. On emboîte, on travaille la coordination, la maîtrise de la force. Et on fait un travail plus fin aussi au niveau des doigts. Attraper, faire des tresses, tracer des lignes. Je mets toujours les enfants en relation et je fais tout pour qu’ils s’amusent. L’idée c’est que ça ne paraisse pas une thérapie, même si c’en est une.

La Fondation est née en 2005 avec Elena Castaldi, professeur d’équitation. Lorsqu’elle devient maman d’un petit garçon handicapé, elle décide d’utiliser ses connaissances pour soulager son fils et s’intéresse de plus près aux vertus de l’équithérapie.

Elena Castaldi :

Le mouvement que fait le cheval fait bouger les muscles et les articulations qu’on utilise en marchant. Donc les enfants en fauteuil roulant reçoivent la fréquence nécessaire pour que ces mouvements soient transmis au cerveau. Et puis, les chevaux ont deux degrés corporels de plus que les hommes. Ça transmet de la chaleur aux jambes, ça a un effet de massothérapie, ça fait circuler le sang et ça aide à se détendre. Et enfin, il y a la motivation et l’attraction que génère le cheval chez l’enfant. Et grâce à ça, on peut atteindre certains objectifs médicaux.

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La Fondation compte 88 patients. Parmi eux, Angelito, 9 ans, qui souffre d’une paralysie totale. En 2 ans et demi, il a beaucoup progressé.

Josefina, maman d’Angelito :

Je remarque un changement. Il a amélioré sa posture. En plus, il se sent libre sur le cheval, c’est comme s’il marchait. Il manifeste une grande joie quand il vient ici. Et puis il y a l’accompagnement et le soutien du personnel. C’est très important. Ça le remplit de joie !

Même si l’équithérapie n’est pas miraculeuse, les résultats sont là : elle améliore nettement la qualité de vie des enfants qui n’auraient peut-être jamais pensé pouvoir un jour monter à cheval tous seuls, ou tout simplement pouvoir marcher.

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