« Mes fesses étaient complétement blessées alors que j’étais en plein carnaval. Cette violence est complétement absurde. Je me suis demandé ce que je pouvais faire contre cette violence provoquée par la police municipale. J’ai décidé de montrer les hématomes que j’avais sur les fesses pour que les gens comprennent ce qu’ils avaient fait de moi »

Nous sommes à Rio et vous venez d’entendre un journaliste du journal de Rio O Globo, Bernardo Tabak, qui s’est fait connaître en postant sur les réseaux sociaux une photo des bleus avec une guirlande de fleur. Car cette année pendant le carnaval de Rio, le public n’a pas reçu que des paillettes et des serpentins mais également des coups de matraque. Certains blocos, ces groupes de musiciens qui passent de rue en rue, ont été attaqués par la police municipale sans explications. Alors en réponse, musiciens et public ont décidé de protester à leur façon : en continuant une fois par mois le carnaval et en dédiant leur cortège à la police municipale. Un reportage de Anne Vigna.

C’est un cortège qui s’avance à l’endroit même où la police municipale lui est tombé dessus en plein carnaval. Plus de paillettes et moins de matraques est le slogan de cette manifestation un peu particulière contre la police municipale de rio. Une réalité bien connue de Renato Cinco, conseiller municipal de la ville étiqueté à gauche

La ville de Rio a adopté depuis plusieurs années une politique qui s’inspire de celle de la tolérance zéro de New york. Le mot qui permet de définir ce qui se passe à Rio est celui de la militarisation dans la relation entre la police municipale et la population. La police municipale est de plus en plus nombreuse et en plus de réprimer les vendeurs ambulants, elle est désormais aussi utilisée pour réprimer les mouvements sociaux et comme nous l’avons vu pendant ce carnaval, elle s’attaque aussi au carnaval indépendant

Jusqu’à présent, c’étaient les vendeurs ambulants qui recevaient les matraques de la police municipale. Et pour cette raison, le Mouvement uni des travailleurs ambulants, le MUCA fermait le cortège des musiciens car pour eux aussi, la répression a été pire pendant ce carnaval nous explique Maria qui coordonne le mouvement a Rio.

Nous les vendeurs ambulants, vivons la violence de la police municipale les 365 jours de l’année. Pendant ce carnaval ce fut bien pire alors on sait que pendant les Jeux Olympiques la répression va encore augmenter mais nous serons dans la rue à résister.

Une résistance annoncée chez les vendeurs ambulants comme dans le mouvement qui se dénomme désormais « occupa Carnaval », un mouvement qui chaque mois va battre le pavé contre la police municipale et ce jusqu’au prochain carnaval

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