Un reportage de Caroline Vicq

Johana Copès, membre du jury :__ « Ce que l’on veut, ce n’est pas que les danseurs travaillent seulement les effets de pose et de photo. On veut aussi que ce soient de bons danseurs. L’idée, c’est que tout soit parfait »

Championnat du monde de tango 2012
Championnat du monde de tango 2012 © Santiago Benitez Araujo

Le Championnat du Monde de tango s’est terminé hier à Buenos Aires. Pendant deux semaines, la capitale argentine a été rythmée par le tango. Concerts, cours de danse, bals… Et bien sûr, la compétition 2012 a été une cuvée 100% argentine. Les Argentins ont tout raflé, que ce soit en « tango de salon » ou en « tango de scène », Caroline Vicq a suivi Hugo et Agustina, un jeune couple qui participait à cette compétition.

Hugo et Agustina viennent tous les deux des Polvorines, une petite ville de la banlieue de Buenos Aires. Ils se sont rencontrés il y a 6 ans dans une milonga, un bal de tango, dans un club de retraités. Et là, ils ont décidé de travailler ensemble.

Lors du Mondial, ces deux danseurs ont attiré l’attention. Ils ont été les seuls à utiliser un accessoire : une corde, enroulée autour de la taille de l’un ou de l’autre, attachée à un pied, se faufilant entre les jambes des danseurs. Du jamais vu dans cette compétition de tango traditionnel.

Du fait de la difficulté et de la prise de risque, la préparation a donc été intense.

Hugo : « On a dû préparer non seulement la partie du tango, mais on s’est aussi préparés avec des professeurs de danse contemporaine, pour travailler sur les lignes et l’esthétique de la corde, et avec des gens de théâtre. Donc ça a été un mélange de disciplines »

Le travail a payé : après avoir passé le premier tour, ils finissent dans les vingt premiers couples qui accèdent à la finale.

Hugo : « Le plus important, c’est de présenter ce travail en finale. C’était assez risqué de montrer cette chorégraphie, parce qu’on aurait facilement pu être éliminés au premier tour. Avant, jamais on n’aurait eu accès à la finale d’un tel championnat. Ça montre l’évolution impressionnante de ce Mondial de tango. Pour nous, l’objectif ; c’était d’arriver jusque là, et de pouvoir montrer notre travail lors de cette grande vitrine mondiale »

En coulisses, ils se préparent. Dans la salle, entretien avec un membre du jury, Johana Copès. Comment juger un tango ?

Johana Copès, membre du jury : « On regarde la structure de la chorégraphie, la technique, les nuances utilisées, la musique, les costumes, l’élégance. Il y a beaucoup de points à juger. Parce que sauter et faire une belle pose, on peut tous le faire, mais pour être champion, il faut que tout soit parfait »

Vient donc le moment de danser. Hugo et Agustina ont choisi une chanson du grand tanguero Roberto Goyeneche. Lui, élégant dans son costume noir. Elle, rayonnante dans sa robe fendue à paillettes et à dentelle bleue. La corde intrigue et convainc. C’est l’heure des résultats..

5e sur les 491 couples de départ : Agustina est ravie.

Agustina : « Ca a été très enrichissant, de la recherche musicale à l’amélioration technique, en passant par le travail avec l’accessoire. Et sur le plan de l’interprétation, on a fait un travail intéressant. On est vraiment contents »

Les projets : des représentations lors de festivals de danse, la création d’un spectacle de tango-théâtre, et certainement beaucoup de contrats à venir pour ces danseurs créatifs et prometteurs.

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