Reportage de Reza Nourmamode, correspondant à La Paz, Bolivie

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Feuilles de coca en Bolivie.
Feuilles de coca en Bolivie. © Florian Kopp/Westend61/Corbis

Fortunata, vendeuse de feuilles de coca :

La coca nous donne du courage et de la force. Et surtout aux travailleurs, aux mineurs de fond, aux ouvriers de chantier, aux paysans, à tous.__

La Bolivie continue de militer pour la dépénalisation internationale de la feuille de coca.

Une plante consommée depuis toujours par les populations indiennes du pays, mais qui est aussi à la base de la fabrication de cocaïne, dont la Bolivie est le troisième producteur mondial.

Réélu en octobre dernier à la tête du pays, Evo Morales est un ancien cocalero -producteur de coca - et il espère même exporter prochainement des produits à base de coca à l’international.

Comme des centaines de milliers de ses compatriotes, Angelica pratique quotidiennement l’acullico , un mot aymara désignant l’acte de mâcher des feuilles de coca. Une tradition permettant notamment de combattre la faim, la fatigue ou encore les effets de l’altitude.

Angelica, consommatrice de coca à mâcher :

Depuis 30 ans j’en mâche, c’est pour ça que je suis saine, c’est mon médicament.__

Il y a peu, le gouvernement bolivien et les producteurs de coca ont même organisé un grand rassemblement à La Paz pour pratiquer l’acullico en public et collectivement. L’objectif : combattre la diabolisation de la plante sacrée des Incas.

Fortunata, vendeuse de feuilles de coca :

Nous sommes là aujourd'hui réunis pour démontrer au monde entier que la coca, ce n'est pas la cocaïne. La coca est saine, elle n'est pas dangereuse. Et on fabrique plein de produits à partir de la coca. Du sirop, des infusions, des bonbons, de la farine de coca, des gâteaux, des médicaments. On fait vraiment de tout à partir de la coca. De tout, sauf de la cocaïne.__

Il y a deux ans, la Bolivie était réintégrée au sein de la Convention Unique sur les Stupéfiants des Nations Unies.

Un retour qui signifiait la reconnaissance officielle par l’ONU du droit des Boliviens à mâcher des feuilles de coca.

Cette victoire diplomatique, le gouvernement d’Evo Morales continue de la brandir comme le triomphe de la culture indigène locale contre la communauté internationale et surtout contre les Etats-Unis, accusés d’être le principal ennemi des __ . cocaleros

Reynaldo, producteur de coca :

Ils nous ont traité de drogués, à nous les producteurs de coca. Nous ne sommes pas des drogués. Nous consommons la feuille de coca depuis tous petits et nous continuons à la consommer. Qu’ils cessent de diaboliser la feuille de coca. Car justement cette feuille de coca peut aider les Etats-Unis, où il y a tellement de personnes obèses à cause de la junk food qu’ils avalent. Ça peut les aider à perdre toute cette graisse. Et la solution est ici, à La Paz : qu’ils consomment de la coca et ils résoudront le problème de l’obésité.__

Les producteurs se battent désormais pour obtenir la dépénalisation internationale de la feuille de coca pour pouvoir un jour exporter des produits dérivés de la plante.

Un projet d'exportation de sachets d'infusion de coca vers l'Equateur est déjà à l’étude.

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