Un reportage de Fleur Sitruk, à Tel Aviv, en Israël

Charlie : « Ce sont des immigrés clandestins venus chercher du travail ici. Ils menacent notre existence, ils nous menacent moi et mes enfants. Il faut les renvoyer d’ici. Moi je suis né là et c’est ce qu’ils méritent ! »

Manifestation anti immigrés à Tel Aviv
Manifestation anti immigrés à Tel Aviv © Fleur Sitruk / Fleur Sitruk

Charlie est un père de famille israélien venu protester la semaine dernière contre les immigrés dans le quartier Hatikva, au sud de Tel Aviv, en Israël, la semaine dernière.

Une manifestation qui a dégénéré en violences dirigées contre les immigrés et qui a déclenché une virulente polémique sur la présence, en Israël, d’environ 60.000 immigrants clandestins, pour la plupart Soudanais et Erythréens.

« Les nègres, dehors ! Venez tous manifester ce soir contre les immigrés ». Moshe a fixé d’énormes enceintes sur son camion, et sillonne le quartier Hatikva en lançant des appels à la mobilisation.

Les gens s’arrêtent et applaudissent sur son passage.

Moshe : « Ils s’identifient à moi, car ils ne veulent pas de Soudanais ici. J’habite ici, on me connait et je connais beaucoup de monde. On ne veut pas d’immigrés ici, mais du travail pour les habitants du quartier, plus de vols, et qu’on soit tranquilles! »

Moshe vit de petits boulots et de débrouille, comme la plupart des habitants du quartier, des juifs venus du Yémen, du Maroc et d’Irak il y a 50 ans.

Ici, tout le monde se connaît. C’est comme un village, explique Aron Roni, le directeur d’un centre d’activité pour enfants en difficulté, situé au cœur du quartier Hatikva

Aron Roni : « Le quartier est très sympathique, c’est un plaisir de vivre tous ensemble ici. Des gens bien, qui aiment s’entraider. Cette bataille est importante, car, sans rapport avec du racisme, ils auraient dû mettre les réfugiés dans plusieurs villes différents en Israël, pas seulement à Tel Aviv. Nous avons déjà reçu des minorités par le passé, et il y a aussi beaucoup d’Arabes ici, et des étrangers. Mais là, ce n’est plus possible, beaucoup trop de Soudanais et d’Erythréens sont arrivés ; Demain ils vont nous prendre notre travail. Aujourd’hui nous souffrons, mais demain c’est tout le pays qui va souffrir de ce problème »

Les incidents racistes se sont multipliés depuis la semaine dernière. Simère Tiame est arrivé il y a 4 ans d’Erythrée, et s’occupe de personnes âgées dans une maison de retraite. Il s’inquiète de cette montée de violences.

Simère Tiame : « Même les politiciens attisent la haine entre les résidents israéliens et les réfugiés. La semaine dernière, ils ont attaqués et frappés des gens, juste par ce qu’ils étaient noirs. Ils disaient ‘mort aux Soudanais, et nous avons très peur maintenant’. Le gouvernement devrait apporter une solution. Nous sommes des réfugiés, des êtres humains. Autrefois les Israéliens aussi étaient des réfugiés. Ils ont énormément souffert. Ils connaissent ce que nous vivons et devraient nous comprendre »

Plusieurs manifestations anti racistes ont été organisées à Tel Aviv et Jérusalem.

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