Un reportage de François-Xavier Freland

Un étudiant d'opposition Vénézuélien : « On a très peur, en ce moment, de dire quoi que ce soit contre le régime, parce qu’on sent le poids d’un état sur nos épaules. On nous empêche de dire la vérité, on nous empêche de faire des manifestations en France. »

La voix volontairement déformée que vous venez d’entendre est celle d’un jeune étudiant d'opposition vénézuélien en France qui a préféré garder l'anonymat. Au Venezuela, la victoire sur le fil de Nicolas Maduro, le 14 avril dernier, n'est toujours pas acceptée par son adversaire, Henrique Capriles, qui réclame un nouveau comptage des bulletins de vote.

La crise politique se poursuit et a des répercussions directes en France, où les opposants qui tentent de la relayer se sentent menacés dans leur militantisme par les autorités.

A l'origine, ce ne sont que de banals échanges de tweets.

Tweet Valentin
Tweet Valentin © François-Xavier Freland

Des insultes surtout comme « Tu n'es qu'un excrément, le gendre du démon du curé du diable ». Des menaces aussi : « Nous avons des preuves contre toi. Nous allons les présenter à la police française pour incitation à la violence ».

Problème : ces tweets auraient été envoyés directement par des fonctionnaires de l'ambassade du Venezuela à Paris.

Pire, des commentaires personnels recueillis sur des pages Facebook auraient aussi été copiés puis affichés sur des sites publics.

Parmi, les opposants vénézuéliens visés : Carlos Garcia. Ce jeune architecte de 40 ans vit en France depuis quelques années. Il a déjà été inquiété au Costa Rica, pour les mêmes raisons.

Carlos Garcia : « Nous avons récemment participé et proposé des manifestations le jour de l’investiture de Nicolas Maduro. Et en effet, on a été espionnés par des fonctionnaires de l’ambassade, qui n’ont pas hésité à mettre nos noms et nos photos sur des réseaux sociaux afin de nous inculper et de nous calomnier. »

La crise politique qui agite le Venezuela a des conséquences directes sur la vie des Vénézuéliens à l'étranger. La polarisation du débat, la violence ont été exportés, notamment en France, pays ô combien important pour les autorités vénézuéliennes qui cherche à donner une image de démocratie modèle, bien loin de celle écornée lors de la dernière élection présidentielle, et les accusations de fraude par l'opposant Henrique Capriles. A l'ambassade du Venezuela à Paris, un des conseillers de l'ambassadeur, monsieur Farid Fernandez, dément bien entendu toute pression contre les opposants vénézuéliens en France, mais dénonce des menaces de manifestations violentes contre son ambassade.

Farid Fernandez : « J’ai entendu parler moi aussi de menaces assez sérieuses sur des réseaux sociaux personnes qui appelaient à prendre l’ambassade d’assaut. Là, effectivement, à chaque fois que des menaces peuvent se produire sur des réseaux sociaux, notre devoir, c’est d’en informer les corps compétents de l’Etat français et donc la juridiction sur laquelle nous nous trouvons, afin d’assurer l’intégrité physique de notre ambassade. »

Reste que beaucoup d'opposants vénézuéliens craignent le chantage et les représailles. L'un de ces militants a déposé une plainte à la police où il est écrit : «j'ai très peur pour mon intégrité physique, j'ai très peur de retourner chez moi au Venezuela ». De son côté, l'ambassade du Venezuela en France dément tout lien avec de telles pratiques d'intimidation.

Anuncio sobre violencia en la embajada
Anuncio sobre violencia en la embajada © François-Xavier Freland
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