Un reportage de Thibaut Cavaillès, à Tripoli, en Libye

Tripoli
Tripoli © Radio France

Depuis 6 mois, personne ne savait où se trouvait cet homme. Matthew Van Dyke, américain, documentariste, il avait disparu en Libye. En fait, il était en prison, dans la sinistrement célèbre prison d’Abou Sélim, à Tripoli. Il a réussi à s’évader, à la faveur des événements de ces derniers jours. Nous l'avons rencontré. Matthew Van Dyke : « Voici la cellule dans laquelle j’étais enfermé… J’ai essayé de faire les cent pas, mais je ne pouvais même pas en effectuer trois avant de devoir faire demi-tour »

Matthew Van Dyke : «Ca me change beaucoup, la chambre d’hôtel est probablement aussi grande que toutes les cellules de mon bloc à la prison »

L’homme se tenait debout, seul, au milieu du lobby de l'immense hôtel Corynthia. Un homme hagard, amaigri, vêtu d'une chemise et d'un pantalon de toile noire.

Matthew Van Dyke : « Je porte toujours mon uniforme de prisonnier. Je pense que je ne suis pas prêt mentalement à le quitter »

Matthew Van Dyke a fêté ses 32 ans, en juin dernier, dans la prison d'Abou Selim, véritable forteresse imaginée par le régime de Kadhafi. En 1996, 1200 prisonniers y étaient tués dans des circonstances troubles. Matthew a été arrêté en mars à Brega, parce qu'il filmait des rebelles. Enfermé, d'abord, dans une prison qu'il n'a pas identifiée. Puis à Abou Selim, jusqu'à ce 24 août dernier. Une vidéo, sur Internet, montre la façon dont plusieurs hommes ont réussi à libérer les prisonniers d'Abou Selim, à coups de barre de fer sur les cadenas, mercredi dernier, alors que Tripoli passait aux mains des rebelles.

Matthew Van Dyke : « Quand les autres prisonniers ont commencé à s’évader, je pensais que c’était les gardes qui venaient me tuer. Je pensais qu’ils étaient énervés par quelque chose qui aurait mal tourné au cours de la guerre et qu’ils étaient en train de frapper contre les portes »

Pendant plus de cinq mois, sa famille ne savait pas où Matthew se trouvait. Nous l'avons accompagné sur les lieux, aujourd'hui abandonnés, dans une pièce d'environ trois mètres sur deux, aucune sortie autorisée.

Matthew Van Dyke : « Ce son c'était le signe du seul instant où j'allais voir le visage de quelqu'un qui m'amenait de la nourriture. Deux fois par jour... petit déjeuner et déjeuner. C'était tou t »

Le régime libyen affirmait aux autorités américaines qu'il ne détenait pas ce documentariste de Baltimore, dans le Maryland, parfois journaliste, mais qui était cette fois venu soutenir, en les filmant, certains de ses amis Libyens devenus rebelles.

Matthew Van Dyke : « Le régime n'a pas aimé ce qu'il a vu sur mes vidéos. Ma relation avec les rebelles était différente de celle des journalistes. J’étais ici pour des raisons personnelles et j’en ai payé le prix, et je ne le regrette pas »

Il n'a pas voulu repartir tout de suite aux Etats-Unis. Imprégné de la cause libyenne, Matthew dit vouloir attendre que le pays soit complètement libéré et retrouver les amis qu'il était venu filmer.

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