Unreportage deCarrie Nooten, en Chine.

Siegfried Boerst : « Le marché des parcs d’attraction en Asie en est au tout début, mais il y a un énorme potentiel. Les gens viennent de plus en plus nombreux ici ; non seulement, ils ont plus d’argent, mais ils ont plus de temps aussi, à passer dans des activités de loisirs. »

Nous partons à Singapour. Siegfried Boerst que vous venez d’entendre est le directeur du parc Legoland, qui vient d’ouvrir au sud de la Malaisie, à quelques kilomètres de Singapour avec manèges et grand-huit. Trouver des synergies touristiques entre la Malaisie et Singapour. Singapour qui compte bien faire du tourisme l’un des piliers de sa croissance économique.

Méduses majestueuses, raie manta, 100.000 spécimens dans 45 millions de litres d’eau : Singapour vient d’inaugurer le plus grand aquarium du monde au sein du complexe Resorts World. A quelques mètres de là, les touristes peuvent poursuivre au parc Universal Studios, copie de ceux qu’on trouve en Californie ou en Floride, avec des attractions sur le thème d’Hollywood. Ici, on s’amuse à l’américaine ! Les 20.000 visiteurs quotidiens ne sont même pas tentés d’aller voir ailleurs. Pour Noel Hawkes, responsable des attractions, ce complexe est une destination à part entière.

Noel Hawkes : « La plupart de nos visiteurs, à Resorts World, proviennent d’Asie du Sud-est. Ils trouvent ici tout au même endroit. Bien sûr, ils viennent pour les parcs d’attraction, ils peuvent passer deux ou trois jours au moins entre Universal Studio et le parc maritime. Et la nourriture, c’est très important ici ! Donc on propose de tout, des petites échoppes typiques de Malaisie où vous aurez un repas pour 3 dollars et demi, à Joël Robuchon, et son fabuleux restaurant où vous pourrez dépenser 500 dollars ! Et en plus de tout cela, nous proposons des activités éducatives, ce qui est primordial pour la plupart des familles asiatiques et leurs enfants. Comme ça, lorsqu’ils rentrent chez eux, ils rapportent quelque chose qui reste gravé dans leurs têtes ! »

Jusque-là, pourtant, Singapour était une destination d’affaires ou d’escale. Pour diversifier son économie basée sur les activités portuaires, elle a par exemple créé une petite île aux loisirs : Sentosa ; a aboli la loi interdisant les casinos en 2005, ce qui a permis l’installation de deux complexes d’attractions construits autour de machines à sous. Tout cela a bien fonctionné : les visiteurs ont augmenté de 48% en six ans ! Jonas Ogren, consultant en tourisme chez STR Global.

Jonas Ogren : « Il y a 10 ans, Singapour avait un peu l’image d’une destination ennuyeuse. La Formule 1, les deux grands complexes d’attractions, et en particulier celui de Marina Bay Sands, avec son architecture époustouflante et sa piscine, tous ces développements ont vraiment changé l’image de Singapour depuis 3 à 5 ans. »

Pour affiner sa stratégie, Singapour s’est même alliée avec le Sud de la Malaisie, sa voisine pourtant longtemps ennemie jurée. Car de l’autre côté du détroit, il y a plus de place : deux parcs d’attraction ont déjà ouvert leurs portes ces dernières semaines dans une zone franche, Iskandar. Sur la carte, ce couloir ressemble à une « petite Floride » d’Asie du Sud-est. Siegfried Boerst, Directeur Legoland Malaysia.

Siegfried Boerst : « Quand on a visé l’Asie, on nous a présenté la Malaisie comme un pays plein d’opportunités et nous pensons que la Malaisie et Singapour peuvent, ensemble, constituer une destination internationale majeure pour les touristes et les loisirs. »

A Legoland, on trouve le Taj Mahal ou la Grande Muraille construits en briquettes de plastique : pas étonnant quand on sait que d’ici sept ans, les Indiens, Chinois et Indonésiens de classe moyenne formeront le gros du contingent de touristes asiatiques. Les Chinois, notamment, dépenseront alors plus que tous les voyageurs d’Amérique du Nord réunis.

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