Un reportage de Delphine Sureau, à Shanghai, en Chine

Karen Mok : « Bonjour, je m’appelle Karen Mok. Je suis à Shanghai pour présenter mon nouvel album : ‘Somewhere I belong’. »

Karen Mok et Max Hole, PDG d'Universal international
Karen Mok et Max Hole, PDG d'Universal international © Delphine Sureau

Karen Mok : ce nom ne vous dit sûrement rien et pourtant, cette chanteuse chinoise originaire de Hong-Kong est une superstar en Asie. En 20 ans de carrière, elle a déjà à son actif 17 albums et une quarantaine de films !

Aujourd’hui son label, Universal, a décidé de faire d’elle une star internationale… Un vrai défi car habituellement, les artistes asiatiques s’exportent plutôt mal en Occident… Karen Mok vient donc de sortir son premier album, en anglais, selon une stratégie bien définie.

Avant, Karen Mok chantait des ballades pop romantiques, en cantonais ou en mandarin. Aujourd’hui, pour conquérir le monde, la quadra filiforme à la longue chevelure brune, a changé de langue et de genre musical.

L’album intitulé « Somewhere I belong » regroupe des chansons connues des Beatles, de Portishead, Cole Porter ou Sting, revisitées façon jazz.

Alors, pourquoi avoir choisi des reprises, plutôt que des compositions originales ? C’est une première étape dans la mondialisation de l’artiste hongkongaise explique, responsable du marketing international chez Universal.

Andrew Kronfeld : « Cela nous permet de combiner une artiste que les gens connaissent peut-être à des chansons qu’ils connaissent sûrement. Et elle fait ça tellement bien, que nous sentons que nous allons conquérir un nouveau public, et que les gens vont adorer. C’est la première fois que Karen enregistre en anglais dans le but de diffuser plus largement sa musique que si elle chantait en chinois. »

En signant Karen Mok en 2009, le label a misé sur la double-culture de la chanteuse, moitié chinoise, moitié galloise, et sur son expérience dans l’industrie du disque. Avec l’idée, un jour, de la promouvoir dans le monde entier.

Le succès mondial du coréen PSY et de son Gangnam style a été un déclic. Pour Andrew Kronfeld d’Universal, cela veut dire que l’Europe et les Etats-Unis sont enfin prêts à accueillir une star de la musique 100% asiatique.

Andrew Kronfeld : « C’est assez nouveau pour nous. Nous avons déjà essayé d’exporter quelques artistes à un plus petit niveau, mais Karen est vraiment le premier lancement international que l’on fait pour une artiste asiatique. Quand vous essayer de mondialiser quelqu’un, quel qu’il soit, c’est très difficile s’il parle une langue si spécifique et s’il n’a pas les moyens de donner une interview en anglais. »

La stratégie est la suivante : il faut d’abord toucher la diaspora chinoise à l’étranger qui connait déjà Karen Mok, pour ensuite séduire un public plus large. La chanteuse, elle, ne rechigne pas à laisser derrière elle 20 ans de pop chinoise. Comme si elle attendait depuis longtemps que le monde lui ouvre ses portes. Ses nombreux rôles au cinéma, dans les films de Jackie Chan, n’ont pas suffi.

Karen Mok : « Si tu es asiatique et que tu joues dans un film de kung fu, c’est considéré comme authentique, comme normal… Après, c’est facile de juste enregistrer quelques chansons en anglais bien sûr. Mais le faire avec du soutien, et différentes plateformes pour diffuser la musique dans le reste du monde, ce n’est pas une proposition que l’on vous fait tous les jours ».

Pour l’instant, la page ITunes de Karen Mok ne compte que 3 commentaires, mais patience. La machine Universal est lancée et la promotion à travers le monde de Karen Mok va durer toute l’année.

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