Un reportage de Caroline Vicq, à Buenos Aires, en Argentine

Dante (17 ans) :

La maturité pour voter passe par autre chose que l'âge. Et puis la jeunesse participe beaucoup à la vie politique. Pour nous, c'est une opportunité.

plus de la moitié des français favorables au droit de vote des étrangers
plus de la moitié des français favorables au droit de vote des étrangers © reuters

Dante est un jeune argentin de 17 ans qui a pu, dimanche dernier, aller glisser son bulletin dans l’urne pour élire ses députés et sénateurs. Et c’était la grande nouveauté de ces élections législatives. Les jeunes de plus de 16 ans ont pu donc pu aller voter. Un vote optionnel pour les mineurs, alors qu’il est obligatoire pour les adultes de 18 à 70 ans. Qu’ont pensé les 16-18 ans de cette possibilité qui leur a été offerte ?

Dans un bureau de vote de la capitale argentine, Dante est tout sourire et insère son bulletin de vote dans l'urne. Une grande première et un beau moment pour ce jeune de 17 ans :

C'est un droit que j’avais envie d'exercer. Comme je pouvais voter maintenant, je l'ai fait. Je n'ai pas manqué cette opportunité. Je l'ai vécue comme quelque chose de sympathique, agréable, quelque chose que faisaient mes parents avant. C'était beau.

En tout, 1.300.000 adolescents étaient susceptibles de voter, et 600.000 se sont inscrits. Parmi eux, Ignacio, 16 ans , qui est arrivé serein et bien préparé :

Je m'informe beaucoup. Je regarde le journal télévisé, des infos sur internet, Facebook, Twitter, beaucoup en ligne. Et puis au lycée, on s'est entraînés pour nous montrer comment ça se passait. On a simulé un vote. On nous a donné des bulletins pour qu'on puisse choisir, des enveloppes qu'on a mises dans l'urne. Donc, je suis venu tranquille.

Préparation à l’école, mais à la maison aussi. Son père, Alberto, a voulu le sensibiliser à la politique pour son premier vote.

Alberto:

On l'a préparé, mais pas pour qu'il vote la même chose que nous. Il sait pour qui on vote mais il doit se faire sa propre idée. Maintenant, il a une responsabilité démocratique et il sait que c'est son devoir.

Mais entre sensibiliser et influencer, il n'y a qu'un pas. Car un jeune de 16 ans est-il déjà capable réellement de choisir ses représentants politiques ?

Victoria, 17 ans , a délibérément décidé de ne pas voter :

A ce moment précis dans ma vie, je ne me sens ni capable ni suffisamment informée pour aller voter. Il me manque encore quelques années d'expérience pour élire quelqu'un. C'est une responsabilité énorme pour un citoyen, Comme je peux choisir, j'ai préféré ne pas aller voter.

A chacun de juger s’il est capable ou non de voter. Mais dans cette loi, l’important pour le gouvernement, c’est l’extension d’un droit à des jeunes de plus en plus présents dans la vie politique.

Marcelo Fuentes, Président des Affaires Constitutionnelles du Sénat :

Toute extension de droits multiplie ses effets. Aujourd'hui ils disent "je veux voter" et demain ils voudront être candidats. Donc c'est ouvrir la porte à une demande croissante. C'est une bouffée d'oxygène pour la politique.

Ces adolescents ne représentent que 4% de l'électorat total, mais le poids des jeunes en général est considérable puisqu'1 électeur sur 5 a moins de 25 ans. Les législatives étaient un premier pas. La prochaine élection sera la présidentielle... en 2015.

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