Le père Albert s’est délecté de la pièce « la Dégustation » mais il n’oublie pas pour autant de rappeler les risques liés à la consommation de boissons alcoolisées.

Mon cher Nan-gui… Cette Dégustation, certes fleure bon le romantisme, mais ce n’est pas de la tisane, de la bibine insipide qui nous est proposée là ! 

Il s’agit en effet d’un cru théâtral charpenté, gouleyant et subtil à la fois, pétillant de répliques savoureuses ou corsées, de dialogues tirebouchonnants, bref, un excellent cru qui a du corps et de la finesse, de l’ardeur aussi, et même de la cuisse, de la chair, de la fesse... puisque in fine… ah... je sais Nan-gui que je ne dois rien  divulgâcher…  

Bref, tout cela servi par des comédiens au talent enivrant dont Isabelle Carré (Coucou Isabelle) et Bernard Campan (Coucou Bernard)…

Qu’il me soit permis toutefois de modérer mon enthousiasme, car il m’a semblé, cher Bernard, qu’entre Jacques (ton personnage) et toi -même, il y avait des affinités de nature éthylique. Passe encore que tu aimes à biberonner, à picoler, à t’en jeter dans le cornet et à t’arroser la meule, mais que tu incites une jeune femme innocente s’arsouiller, se pocharder et à se prendre une casquette, pour ça je crie à la souillure ! 

Quant à toi, Isabelle, que tu éprouves, comme Hortense, la tentation de te boissonner, de te rincer les amygdales au vin de messe, qui plus est du Saint Julien 2000, comme tu l’avoues à ce pinardier, alors là je crie au sacrilège ! 

Bernard, Isabelle, ne savez-vous point que l’ivrognerie tue dans les âmes toute pudeur pour ne laisser rugir que les instincts de la bête ! Regardez Daniel Morin !  

Mais pire encore : la pochardise ruine les facultés intellectuelles ! Voyez Nan-gui, depuis qu’il a renoncé à la viande rouge en restant au gros rouge, quelle tristesse de le voir et l’entendre soliloquer, délirer, débitant des questions aussi  interminables que labyrinthiques auxquelles il répond lui-même,  sans tenir compte de ses interlocuteurs éventuels, puisque ces questions tortueuses incluent des réponses obscures qu’il est le seul à comprendre ! 

Si j’en avais le temps, Isabelle et Bernard, je procéderais sur vous tous et toutes à un exorcisme flash, qui agit sur les âmes et les corps possédés, comme le Saint Citrate de Bétaïne agit sur les foies engorgés, hélas, Nan-gui ne me laisse guère exercer mon sacerdoce comme je l’entends, et je vais donc vous laisser cuver en vous souhaitant une bonne émission. 

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