Jean-Jack Lang a adoré replonger des les films cultes du Cinéma de Minuit à travers le livre proposé par Patrick Brion, invité de la Bande Originale. Il en a rêvé.

Comme le chantait jadis mon ami Claude Nougaro « Sur l’écran noir de mes nuits blanches. Moi je me fais du cinéma ».

Et quand sur l’écran noir de mes nuits blanches, je me fais du cinéma, je ferme les yeux. Et quand je ferme les yeux, je revois des plans des films que j’ai aimé : gros plans, plans rapprochés, plans américains, plans d’ensemble, plans larges, plans séquences...  

Nagui : Jean-Jack, vous n’allez pas nous déballer tous les plans du cinéma...

Bref,  je revois des séquences de mes films préférés... Et quand je revois des séquences de mes films préférés, je ferme les yeux pour me retrouver dans la salle obscure de mes souvenirs. Et quand je ferme les yeux pour me retrouver dans la salle obscure de mes souvenirs, et bien comme tout est trop obscur, je rallume la lumière et je feuillette passionnément Cinéma de Minuit, le merveilleux florilège cinéphilique répertorié par le brillant Brion. 

C’est ce que j’ai fait hier soir... Mais vers minuit, à la moitié exactement de cet ouvrage aussi merveilleux que volumineux, à la page 384 exactement, qui signale le cycle consacré en octobre 1990 à Lon Chaney (un des comédiens-fétiche d’Albert Algoud), j’ai senti mes paupières s’alourdir. Et quand mes paupières s’alourdissent, je ne tarde pas à m’endormir. Et quand je m’endors, je rêve...Dans mon rêve le père Albert se dirigeait vers moi...

Le Père Albert : Bonjour Jiji ! Horreur, damnation et invention lubrique que ce cinéma de Minuit ah ça, quand il s’agit d’encenser « La Chair et le Diable », « La Chatte sur un toit brûlant », « Péché Mortel », « Femmes entre elles » et même « La femme du prêtre » !!! ... et tant d’autres incitation à la concupiscence, y’a de la place… ! Mais pour la morale et la vertu, pas une ligne, on se croirait dans l’historique internet de Nagui.

Jean-Jack : Je laissais le Père Albert furibard retourner à sa camionnette quand un homme fonça sur moi. C’était Jean-Roger Navarro, le vigile de la Bande Originale, chargé de la protection des invités de marque...

Jean-Roger Navarro : Jean-Jack, faut que je vous cause à vous qu’êtes cinéphile ! Akarbi je te jure, Le Cinéma de minuit, de M’sieur Brion, je l’ai plus épluché encore que les oignons que mon oncle Roger, il ajoutait dans sa tchouktchouka. Eh bien, ma parole d’honneur, malgré que je l’ai scruté à la loupe, son bouquin, j’ai presque pas trouvé un seul des filme ousque mon oncle il a joué !  

Jean-Jack : Mais enfin, très cher Jean-Roger, Patrick Brion cite tout de même « Rocco et ses frères », de Visconti, page 434, et « La Marche sur Rome », de Dino Risi, page 211...

Jean-Roger Navarro : A part ces Rital, y’a rien ! Macache bono de ses films qu’ils sont les plus majeurs de sa carrière à mon oncle ! Du Riffiffi chez les femmes / Le Gorille a mordu l’Archevêque / Le Tigre aime la chair fraîche... et je te cause même pas de La Baraka, de La Rumba ou du Grand Pardon...

Alors tu sais ce qui va se passer ? Pour lui rafraîchir sa mémoire à M’sieur Brion, je vais même pas me servir du bottin de Bab El Oued, que mon oncle, il tapait avec pour faire cracher leur Merguez aux « enfants de salauds » dans ses interrogatoires... Et je vais m’entraîner sur toi...

Jean-Jack : A ce moment, Jean-Roger brandit « Cinéma de Minuit », lourd de 768 pages...  

Jean-Roger Navarro :  Tu vois... toc, toc, toc... ça c’est ta tête ! Et ça...Paf, paf, paf... Ça, c’est Cinéma de Minuit et ça Boum, Boum, Boum, c’est Cinéma de Minuit sur ta tête !   

Jean-Jack : A ce moment, je fus réveillé en sursaut par les coups frappés à ma porte. C’était mon cousin Jack qui rentrait du Banana Café et qui me rappelait que j’aillais être en retard à l’émission. Bonne fin d’émission !

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