Le maréchal Ganache est ravi, en sa qualité de militaire en retraite, d'évoquer sa propre légende à l'occasion de la venue de Mélanie Laurent et Jean Dujardin pour le film de Laurent Tirard : "Le retour du héros".

Nagui : J’espère , Maréchal Ganache, que vous savez pourquoi nous recevons Mélanie Laurent et Jean Dujardin ? 

Le maréchal Ganache : Aaaaah ! vous le savez, mon cher Nagui, je suis pas du genre démonstratif et j’ai plutôt tendance à masquer mes émotions qu’à les déballer en public en chialant comme un môme.

Mais à l’idée de recevoir un gars, en l’occurrence Dujardin-Jean, capable d’incarner un ancien combattant, le Capitaine Neuville, j’avoue que ça m’a remué... D’autant plus que dans votre Bande Originale, Nagui,  qui est un ramassis de planqués, d’exemptés et de réformés P4,  anti - militaristo / humanisto /  gaucho / libertaro / pacifistes ( à l’image de France Inter )...  Dans votre bande, tout ce qui porte uniforme est objet de mépris... Exception faite pour le casque capillaire arborée par votre directrice Laurence Bloch. 

Alors je sais, mon cher Nagui, comme vous venez de l’expliquer dans vos questions à tiroirs qui comportent toutes les multiples réponses que vos invités auraient pu formuler... Vous allez me dire que je n’ai rien compris, que ce Capitaine  Neuville est un vantard, un Matamore, un fier-à-bras prompt aux affabulations et aux Tartarinades dont Elisabeth,  incarnée par Mélanie Laurent  ( mes hommages, Madame )  n’est pas dupe. 

Mais c’est justement ça qui me plait, Nagui, chez ce capitaine Neuville... Parce que, voyez -vous, ce qui importe par dessus tout, pour se faire respecter, ça n’est pas d’en avoir dans le froc, mais de faire croire qu’on en a dans le froc.  

Et pour une fois, je vais jouer franc jeu avec vous, Nagui. A plusieurs reprises, ici même, je vous ai raconté les circonstances de la terrible mutilation qui m’affecte en profondeur...

C’était en 1954... Ça c’est vrai, oui, mais pas empalé sur un bambou d’un piège Viet à Gang Bang Phoc, ni dans le crash de mon Dakota dans un oued du Djebel Debbouze... Non... Tout ça, c’est la légende de Ganache... Ganache, le héros... Ganache, le bravache,  légende qui m’a rendu si populaire auprès de mes hommes et si séduisant auprès d’ Edmonde... (Elle me manque tellement...  je sais j’ai dit que je chialais pas)... En vérité, Nagui, j’ai été bêtement ébouillanté à la suite d’un siège, d’un bain de siège, à la Châtre, mais, la seule évocation de ce drame ravive mes douleurs et je vais devoir vous quitter ... Bonne émission.

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