Pour le Maréchal Ganache pas de doute avec le livre "Sur les Chemins Noirs" Sylvain Tesson prouve qu’il est un écrivain qui en a dans le froc !

Aaaah, depuis celle d’Edmonde, mon épouse regrettée, jamais disparition ne m’avait autant affecté. 

Je veux parler de la vôtre, Nagui… Dans ma carrière, j’en ai vu des gars disparaître, mais chaque fois j’avais serré les poings et les dents (à l’époque j’en avais encore) pour ne pas chialer comme une flipette… mais là pendant ces deux semaines où je vous ai cru disparu en mer dans le naufrage de votre yachte… je vous avoue que j’ai trempé mon mouchoir… et pas que mon mouchoir…

De plus, quand Ji & Bi notre rédac’ chef, qui ne s’est jamais aussi joyeusement comporté que pendant votre disparition, m’a dit qu‘il avait invité Sylvain Tesson pour son livre « Sur les chemins Noirs », j’ai vu dans ce titre comme un sinistre présage…

Eh bien : je me trompais ! 

Primo : Nagui, vous êtes vivant ! 

Deuxio : Sur les Chemins Noirs est le contraire d’un livre sinistre… C’est un bouquin passionnant ! Certes, logiquement, j’aurais dû me méfier de  ces Chemins Noirs, qui à l’origine (dans un récit de René Fregni) désignaient les routes prises par un conscrit réfractaire - bref, par un déserteur -  poursuivi par l’autorité militaire…

Oui, j’aurais pu me méfier, mais quand à la page 23, j’ai lu cette phrase : « Voilà que revenait le temps des bivouacs » j’ai compris que j’avais affaire à un écrivain qui en a dans le froc. 

Ce que confirme d’ailleurs le bandeau « Marche ou crève ! » Une marche qui en plus passe par La Châtre (page 132)

En vous suivant dans cette expérience de « l’évitement » qui vous ferait dire aujourd’hui à Napoléon « Sire, fuir, c’est commander » je me suis souvenu que moi aussi, jadis, j’avais été un homme en fuite (je sais, Nagui, vous allez me dire que je fuis toujours)

C’était en 54 au Tonkin livré aux sangsues sur les ordres du cruel général Bo Bun, alors que je croupissais dans une cage en Bambou plongée dans le Mékong, je m’étais dit : « Si je m’en sors, je traverse l’Indochine à pied ! »

Je n’ai pas le temps de vous raconter mon itinéraire incognito, tout ce que je peux vous dire, c’est qu’épuisé par des jours de marches, je me suis assoupi sur un amas de terre… réveillé par une douleur atroce je réalisai trop tard que je m’étais assis sur un nid de fourmis carnivores qui m’avaient ravagé le fondement…

Depuis, je ne peux rester assis plus de trois minutes d’affilées, aussi, dois-je vous quitter…

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