Le Marechal Ganache a vu le film Just a Gigolo qui a ravivé de durs souvenirs sentimentaux

Anne Charrier (mes hommages, Madame) et Kad Merad (mes compliments, Monsieur) dont les talents de comédiens ne sont plus à vanter, servent admirablement cette intrigue dont, vous venez d’exalter la drôlerie, mon cher Nagui, en une de ces approches rhétoriques qui, désormais, dans les écoles de journalisme, est enseignée sous le nom de « Naguisme ». 

Un « Naguisme » consistant pour un apprenti interviewer à formuler une question incluant au moins trois, voire quatre, cinq réponses à cette même question.

Une intrigue - je reviens au film - qui pour être drôlissime, n’en aborde pas moins un thème aussi passionnant que le Naguisme : le gigolisme… ou pratique du gigolo qui consiste pour un jeune homme dont les moyens d’existence sont précaires, à se faire entretenir par une femme plus âgée…

Ce qui pose également le problème douloureux de créatures vieillissantes en mal d’affection et prêtes à mettre la main au portefeuille pour qu’on la leur mette au panier - désolé d’être cru mais je ne vois pas pourquoi je devrais tourner autour du pot, si vieux et craquelé soit il. 

Et voyez-vous, j’ai été d’autant plus touché par Just a gigolo, monsieur Mérad, madame Charrier ; que cette histoire a ravivé en moi la plaie de souvenirs douloureux…

Moi aussi jadis à Saigon, j’ai rencontré une riche héritière plus âgée que moi de 35 ans… Un grand écart, comme celui que cette femme pour m’émoustiller arrivait encore à faire, malgré ses hanches en fer blanc, et ses 87 printemps… car quand je l’ai connue, elle se produisait comme danseuse de French Cancan à l’Oeil de Bronze, le cabaret - fumerie d’opium où elle était la reine du « Tassel Dance », vous savez, la rotation en sens inverse de chaque nibard… Avec ses seins en oreilles cocker, ça faisait un truc bizarre.

On s’est aimé ; je lui ai fait redécouvrir les voluptés de l’amour martial, et puis, comme Alex dans le film, je me suis fait jeter… Elle m’a laissé tomber comme un vieux bas de contention… Elle est partie avec un plus jeune… un plus jaune, un Viet ! Et j’ai dû alors en chercher une plus vieille… une morte qui au moins elle ne pourrait pas me quitter. 

Mais comme son souvenir réveille chez moi les douleurs dues à la terrible mutilation de mon fondement que vous connaissez sont en train de se réveiller, je vais devoir vous quitter…

Bonne émission !

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