Albert Algoud, sous les traits d'un autre, prédit un succès pour "Ni une, ni deux" d'Anne Giafferi.

Ah , ah Nagui… Vous m’avez appelé : « Maréchal Ganache »… Eh bien je vous ai bien eu ! Vous n’y avez vu que du feu ! Car ce n’est pas le Maréchal Ganache qui vous parle, c’est son frère jumeau…

Oui, vrai jumeau, homozygote, uni-ovulaire ! …Conséquence de la terrible mutilation du joufflu que lui infligèrent les Viets, en 1954, à Gang Bang Coach, mon frère vient de subir une énième opération, qui a mal tourné (un peu comme celle de Julie dans le film). Du coup, il ne peut plus du tout rester assis, et il a donc fait appel à moi pour le remplacer dans la Bande Originale. Comme ça, il peut toucher son cachet… aussi ridicule soit-il... 

Mais revenons à « Ni une ni deux »… ça va faire, ni une, ni deux :  carton garanti !

Scénario ingénieux, réalisation impeccable, casting épatant et surtout la formidable interprétation de Mathilde Seigner dont le jeu, bien au - delà de la performance qui la conduit à se dédoubler - dont le jeu disais-je, confère à ses deux personnages à l’insolite ressemblance (Julie et Laurette) l’attrait secret d’une étrangeté intemporelle, étrangeté qui pourrait bien se dissimuler au fond de nous, nous qui nous-nous croyons uniques, alors que dans les sombres profondeurs de notre psyché, il y a du monde… Ah, j’espère que l’année prochaine, je remplacerai Trapenard à Cannes. Je coûterai moins cher en drogues…

Si j’ai été ému par « Ni une ni deux … », c’est aussi parce que cette histoire me reporte quelques décennies en arrière. C’était en août 1944, avec mon frère, nous avions quitté Vichy déguisés en femmes à barbe dans la roulotte d’un cirque, roulotte que nous partagions avec Edmonde et Raymonde, jumelles elles aussi, mais siamoises… Les fameuses Siamoises de La Châtre, car originaires de cette ville. Vous le comprendrez, toute intimité avec Raymonde dont je tombais amoureux était, hélas, impossible, de même que toute intimité entre Edmonde et mon frère était impossible.  De plus, pour compliquer la situation : Raymonde était résistante, tandis qu’Edmonde était collabo ! Nous étions donc voués à la séparation malgré nos affinités tant électives que gémellaires… Ah j’en chiale encore… Bonne émission

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