Le Maréchal Ganache, nostalgique du cinéma de sa jeunesse, c'est à dire muet, et peu porté sur les bons sentiments, a pourtant bien aimé le film "La villa" avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin.

Nagui : Maréchal Ganache, savez – vous pourquoi nous recevons Ariane Ascaride et J.P Darroussin ?

Le maréchal Ganache : Mon cher Nagui , il y a des matins d’automne comme aujourd’hui, où  plutôt que  me retrouver au milieu de votre bande de Bleubites, à subir vos questions chargées d’une ironie qui pour être facile n’en est pas moins blessante, je préférerais  tel l’ours Grizzli hibernant dans sa caverne ou tel Natasha  Kampusch grandissant dans sa cave, je préférerais rester bien au chaud,  entre ma couette  et mon alèse jaunie par l’usure et l’urine, dans mon lit médicalisé, à l’hospice des Vieux Glands...

Mais je suis un homme d’honneur et comme je suis ici en CDI, signé par Monsieur Galette en personne, pas question de me dérober. Je suis donc venu vous dire -  une fois n’est pas coutume - que je sais d’autant plus pourquoi ces deux Coco-Bolcho-Gaucho-Anarcho-France Intero-compatibles sont parmi nous ce matin que j’ai beaucoup aimé ce film ...  

Mais attention, si je l’ai aimé, je vais être franc, ce n’est pas à cause de sa thématique humano - progresso – idéalisto –altruisto- vivre ensemblo - bouillabaisso - méridionale, ce n’est pas non plus à cause de  votre interprétation,  Madame Ascaride, pas plus  à cause de la vôtre, Monsieur Darroussin. Non, si j’ai aimé ce film, c’est grâce à  Martin, le père, le patriarche incarné par Jacques Boudet. Non seulement  il se déplace en fauteuil, comme moi, mais en plus, il ne dit rien, pas un mot, peau de zébi !

Un rôle sans parole, qui me rappelle les grandes heures du cinéma, du vrai cinéma, du seul cinéma celui de ma jeunesse, celui qui valait le coup : le cinéma Muet ! Ah, ça c’était du cinoche ! Tout dans le geste, les regards, la mimique, la pantomime !  

Mais le grand inconvénient ou le  grand avantage, mon cher Nagui, c’est que lorsqu’elles étaient invitées à la TSF, si vous préférez, à la radio diffusion,  les vedettes du cinéma muet... eh bien elles restaient muettes, ce qui est logique... Silence radio ! Rien à en tirer !  Croyez -moi, Nagui ,  à l’époque vous auriez souffert  en tant qu’interviewer ! Zéro bavards,  zéro Blabla !  Adieu les états d’âmes , les confidences narcissiques... 

Et je sais de quoi je parle, parce que même moi, je n’y suis pas arrivé... C’était à Alger, en 1957, avec mon ami Jean – Marie, nous aussi, dans une villa, la Villa les Roses. Nous avions tenté faire parler deux suspects, deux ancien comédiens du cinéma muet Algérien,  Laurel et Arbi, eh bien on a jamais réussi à les faire parler…Et pourtant je peux vous dire que l’on leur en a filé de l’électricité, dans le fondement , comme dans les rattiches. Et bien que dalle, nada rien. 

En attendant, je reste muet d’admiration, Madame ascaride et Monsieur Daroussin, aussi vais –je me taire illico. Bonne émission. 

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