Le Maréchal Ganache a apprécié "Compromis" grâce aux acteurs et parce que ça lui a rappelé l'ambiance de son EHPAD "Les Vieux Glands"

Un succès ? Je réponds « Affirmatif », tout d’abord parce que le texte, de première bourre, n’a pas été écrit par un manchot, en l’occurrence par Claudel Philippe, un lorrain… Alors c’est vrai qu’ils sont en général laids, leur accent fait saigner les esgourdes et certains ont couché avec les Allemands …mais c’est des bons gars. 

Mais revenons à la pièce, servie par deux comédiens d’autant plus méritants qu’ils incarnent, de façon complémentaire des minables et pour jouer, les velléitaires, les poussifs, les ratés, les demi-sel… accepter de se faire rabaisser, mortifier, aplatir, même en échange d’un cachet substantiel et malgré les applaudissements d’un public acquis d’avance, croyez-moi, Nagui, il faut en avoir dans le froc… je pense notamment à votre rédac’ chef, Ji & Bi, qui accepte les insultes avec un stoïcisme admirable, alors que, lui, ses émoluments sont minables et que la claque qui salue son travail est faite des gifles qu’il se prend tous les jours dans la cafetière.

Mais revenons à votre duo, messieurs, d’une bassesse tellement réjouissante qu’on pourrait dire (pardonnez-moi, cette allusion, cette image pirandellienne)  que ce sont  « deux personnages en quête de hauteur »…

Ah oui, j’aurais pu bosser à France Culture ou à Télérama…

Si j’ai aimé Compromis c’est aussi pour des raisons plus personnelles… en vous voyant sur scène, messieurs, j’ai eu le sentiment de me retrouver chez moi, je veux dire, aux Vieux Glands, mon EHPAD ou comme on dit aujourd’hui  ma «  Résidence service Senior »… Eh oui, voir deux gars qui, à eux deux, ont cent cinquante ans au compteur je n’étais pas dépaysé… Je connais le Théâtre des Nouveautés, et pour remonter jusqu’aux loges, j’espère que la direction a installé un monte escalier.

Une dernière chose, messieurs… dans cette pièce, il y a un seul moment où je n’ai pas ri… c’est quand sont évoqués les mines anti-personnel…

C’était en 1954, au Tonkin, je n’ai pas le temps de vous raconter comment Ding Ding Di Gui Ding Ding Ding, mon ordonnance, qui travaillait en fait pour les Viets… piegea les cagoinces du fort de Gang Bang Phoc, toujours est-il qu’en m’asseyant sur le trône je déclenchais une mine antipersonnel qui me mutila à jamais le fondement. Depuis, je ne peux rester assis plus de trois minutes d’affilée (sauf au théâtre quand la pièce est formidable) aussi vais-je devoir vous quitter. 

Bonne émission !

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