Baptiste Beaulieu a un infini respect pour elle et pour toutes celles et ceux qui, comme Pierrette, donnent d'eux chaque jour pour prendre soin des autres.

Hommage à Pierrette Bacqué et à tous ceux qui prennent soin des autres
Hommage à Pierrette Bacqué et à tous ceux qui prennent soin des autres © Getty / FS Productions

C’est la dernière chronique de l’année et un million de choses se sont passées cette année, je ne savais pas comment fédérer toutes les émotions qui m’ont traversé au cours des six derniers mois, ni comment synthétiser en quelques mots ce que la crise sanitaire a pu ébranler en nous de confiance ou de foi en l’humanité. 

Je ne savais pas comment m’y prendre jusqu’à ce qu’une fidèle lectrice de mes romans, Magali, attire mon attention sur le décès tout récent d’une femme, Pierrette Bacqué, une consœur médecin à la vie extraordinaire, et qui est partie comme elle a vécu, sans faire de bruit.

Et ça me peine un peu car quand on tape son nom on ne trouve que des avis de décès, alors qu’il y a tant à dire sur cette personnalité toulousaine, donc voilà, venez avec moi, j’ai une petite histoire de soignante à raconter.

Ou une histoire de petite soignante plutôt, puisque Pierrette ne mesurait même pas 1,55m, ou tout juste, quand elle était jeune et dressée vers la vie. 

Pierrette nous a quittés, elle avait 84 ans

Elle était médecin anesthésiste au Service de chirurgie infantile du CHU de Purpan, à Toulouse. Elle a contribué à sauver des centaines de petites vies qui ont pu devenir grandes, grâce à elle. 

Une des raisons pour laquelle je veux parler d’elle aussi, c’est parce que c’était une femme formidable et je veux laisser une petite trace de son passage sur Terre. 

Oui, elle n'a pas eu d'enfants, Pierrette. Il n'y a pas eu d'homme dans sa vie et les deux demandes d'adoption qu'elle a faites lui ont été refusées, allez savoir pourquoi, c’est souvent le cas avec les femmes célibataires. Et c’est toujours aussi injuste. 

Pas d'enfants, donc, mais elle a pris soin de ceux des autres 

  • Ceux de ses amies, dont j’ai recueilli le témoignage : "Elle s’est occupée de moi quand j’étais enfant, dit l’un d’entre eux, et quand j’ai eu des enfants elle s’est occupée d’eux aussi. Elle était une grand-mère de plus, pour eux, un cadeau du ciel, tout en gentillesse et douceur".
  • Elle a aussi pris soin de ceux, fragiles, qui ont séjourné à l’hôpital de Toulouse pour de lourdes opérations ; 
  • Ailleurs, en missions humanitaires, nombreuses, ceux qu'elle a opérés pour des "becs de lièvre", entre autres ; 
  • Et aussi, ceux à qui elle a offert, par ses dons, une scolarité aux Philippines. 

Pas d'enfants, mais sa vie vouée à donner un avenir meilleur à ceux des autres, tous les autres, d’ici et d’ailleurs

Voilà. Je voulais parler d'elle, un peu ; partager avec vous son existence impeccable, son parcours courageux, silencieux, sans médailles, sans primes, dont le souci était de toujours faire au mieux, pour autrui.

J'ai un infini respect pour elle ; un infini respect pour toutes celles et ceux qui, comme elle, donnent d'eux chaque jour pour prendre soin des autres.

C’était une petite femme immense, Pierrette, qui n’avait pas oublié cette injonction sublime de Sénèque : "Tant que nous sommes des Hommes, pratiquons l’humanité !".

Que la terre te soit légère, immense Pierrette, et merci pour tout. À toi et à tous les soignants. Merci merci et merci. 

L'équipe