Retour sur les anti-masques, un sujet difficile. C'est pourquoi Baptiste Beaulieu précise qu'il rapporte ici "une réalité, et qui n’est rien d’autre qu’une expérimentation personnelle et sensible, que je fais tous les jours au cabinet médical, dont j’aimerais parler ici avec le plus de nuance possible."

Les anti-masques
Les anti-masques © Getty / StockPlanets

C’est difficile de parler de ce sujet, à cause des crispations qui entourent le port du masque, mais il y a une réalité, et qui n’est rien d’autre qu’une expérimentation personnelle et sensible, que je fais tous les jours au cabinet médical, dont j’aimerais parler ici avec le plus de nuance possible, même si c’est compliqué à notre époque les nuances.

L’autre jour j’ai cette patiente qui vient, elle a 50 ans, deux adolescents, un mari dont elle n’est plus amoureuse, un métier qui ne lui plaît pas, qui ne lui a peut-être jamais plu, elle m’explique avoir des difficultés avec ses enfants à la maison, elle continue à mimer l’amour avec son mari, pour les enfants, elle continue au travail pour ses enfants, toujours.

Elle vient me voir pour que je lui fasse un certificat de contre-indication au port du masque. 

Elle ne le supporte pas, elle a peur de s’étouffer avec, certes elle reste confinée à la maison où elle ne le porte pas, mais même pour 30 minutes de courses, elle me dit que c’est trop dur, elle a l’impression qu’elle va tomber dans les pommes à chaque fois, que ce bout de tissu sur son visage c’est trop, et que d’ailleurs elle va à des réunions avec d’autres personnes qui sont contre le masque, et qu’ils disent la même chose, que ce n’est pas bon pour le système immunitaire, et qu’on va tous en mourir de ce fichu masque.

elle ne veut plus le porter, non non elle ne veut plus, elle le déteste, il est là, ce masque, toute la journée, et elle est obligée de le traîner, et de le mettre, parce que c’est la loi, elle n’a pas d’autres choix, elle doit faire avec, et c’est insupportable, elle n’en veut plus. 

Et d’ailleurs, plus j’y repense, plus je m’aperçois que les anti-masques autour de moi, eux aussi ils n’en peuvent plus de leurs vies, ils n’en peuvent plus de leurs maris, de leurs épouses, de leurs enfants, de leurs métiers, leur quotidien, de la vie qu’ils ont et qui n’est pas celle qu’ils avaient espérée, ils n’en peuvent plus de cette conviction sans doute erronée mais chevillée au corps que le meilleur de leur existence est probablement derrière eux maintenant.

J’en ai plein des anti-masques autour de moi, au cabinet médical, sur les réseaux

Ils ne le supportent pas, qui ne veulent plus le mettre, et qui sont obligés, mais on ne le leur fera pas mettre, non, pas le masque, Ils ne veulent pas qu’on les oblige, ils n’en peuvent plus, ils ne veulent pas, et ce métier, et le mari, les enfants, ça ils sont obligés, ils continuent, c’est trop tard maintenant, mais le masque, ça non, il est horrible ce masque, qui est en train de les tuer à petit feu, ce masque qui est en train de devenir une habitude, et quand on les écoute, ils ont peur qu’on ne puisse plus jamais l’enlever, et qu’ils soient obligés de le porter pour toujours, que la maladie continue longtemps. 

Ils craignent que ce masque devienne la norme, et peut-être même qu’ils meurent et qu’on les enterrent avec. Ils voudraient respirer comme avant, mais je ne sais pas s’ils parlent d’avant la maladie, d’avant le COVID, ou d’avant la vie qu’ils ont aujourd’hui, et qui n’est faite que des regrets de la vie qu’ils avaient. 

La vérité c’est que pour certains anti-masques, et c’est toute la complexité de l’être humain, mais aussi toute la beauté de notre espèce, le masque cristallise tous les murmures, les regrets silencieux, les couleuvres avalées jour après jour, année après année, tout ce qui les bride dans la vie, tout ce qui ne va plus, tout ce qu’ils doivent encaisser sans pouvoir dire « ça suffit ». Avec le masque ils peuvent dire sans dire. Avec le masque ils peuvent crier sans crier.

POINT COVID

Aujourd'hui, la vaccination. Plusieurs techniques pharmaceutiques existent : 

le plus connu, celle du virus inactivé, en gros on découpe le virus en morceaux et on injecte les petits morceaux de virus morts ou inactivé sous l’effet de la chaleur. Une fois dans l’organisme, le virus mort va déclencher une réaction immunitaire et le corps va sécréter des anticorps qui réagiront DE SUITE lors d’un prochain contact avec le virus bien vivant cette fois.

Une autre possibilité c’est d’injecter une petite séquence de l’ARN de ce virus (l’ARN faut voir ça comme une copie d’ADN, et on en trouve dans la quasi totalité du vivant). La séquence produite en laboratoire, est par exemple celle qui code pour une proteine, la protéine SPYKE, qui laisse entrer le virus dans nos cellules. Nos cellules, au point d’injection, vont donc intégrer ce minuscule morceau d’ARN étranger et le coder, produire en toutes petites quantités la fameuse protéine SPYKE qui va déclencher dans notre corps la production d’anticorps contre cette protéine présente sur le coronavirus.

Alors pourquoi cette technique plutôt que l’injection de virus morts ou de la protéine spyke elle-même ?

Tout simplement elle génèrerait une immunité beaucoup plus efficace (longue et profonde).

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