"Et je vous promets une chose, Docteur : tous ces cerfs volants sur la mer qui tirent des bateaux, je vous le promets vraiment, ce sera BEAU !"

Cerfs-volants dans le ciel (photo générique d'illustration)
Cerfs-volants dans le ciel (photo générique d'illustration) © Getty / kang-gg

Je cherchais à relier le sujet de ce matin (l'alimentation ultra-transformée) avec mon métier, et je me suis souvenu qu’une bonne part des aliments transformés dont nous parlons arrive dans nos grandes surfaces grâce au transport maritime.

Vous allez voir où je veux en venir.

On a toutes et tous besoin d’un peu de bonheur et de positif en ce moment, et je voulais vous parler de ce patient, qui me consulte. Je parle de lui avec son autorisation. Il est ingénieur, il n’est pas très grand, il n’a pas la mâchoire carrée, ce n’est pas ni Clark Kent, ni Bruce Wayne, mais tous les héros ne portent pas de cape. C’était vendredi soir, on avait le temps, j’ai parlé avec lui de sa vie, sa femme, ses enfants, son boulot, et là, tranquille, il me raconte qu’il a quitté un super poste dans le plus grand groupe aéronautique Français parce qu’il n’avait plus l’impression d’être utile à quelque chose, d’apporter sa petite pierre à l’édifice humain, alors il a rejoint quelques autres ingénieurs aussi rêveurs que lui qui ont lancé un projet un peu fou : ils ont créé AIRSEAS, une petite start-up française, qui a pour but de diminuer de 30% l’empreinte carbone de la marine marchande

Alors ça parait rien comme ça, mais la marine marchande c’est une des premières cause de pollution et de consommation des ressources fossiles au monde, et pour une bonne part responsable du réchauffement climatique. On estime que les combustibles marins utilisés par le transport maritime sont responsables chaque année de 250 000 décès prématurés en moyenne et qu’elle est plus polluante que tous les avions du monde !

Alors comment mon patient, ingénieur dans l’aéronautique, et ses collègues, ingénieurs aussi, comptent s’y prendre pour diminuer d’un tiers le bilan carbone dont on parle ?

Ils vont coller d’immenses cerfs-volants grands comme des AirBus à la proue des navires pour substituer au carburant la poussée du vent, une ressource naturelle présente en grande quantité sur les océans.

Alors mon métier de médecin est beau pour tout un tas de raisons, ça fait six ans maintenant que j’essaie de les raconter aux lecteurs dans mes romans, aux auditeurs sur cette antenne, mais ce qui a rendu mon métier immensément génial ce jour-là, ce n’est pas qu’un jeune homme change de vie pour se consacrer au bien commun avec d’autres ingénieurs, non. Ce n’est pas non plus l’idée que le monde de demain soit meilleur grâce à des personnes comme lui.

Non, ce qui a rendu mon métier de médecin généraliste magnifique ce jour-là, c’est la dernière phrase de mon patient. Il était là, en train de m’expliquer leur projet, avec cette excitation propre aux rêveurs et aux inventeurs, quand il a conclu son plaidoyer scientifique par cette phrase :

Et je vous promets une chose, Docteur : tous ces cerfs volants sur la mer qui tirent des bateaux, je vous le promets vraiment, ce sera BEAU !

Voilà cher auditeur ce qui a rendu mon métier plus léger ce jour-là. Et c’est la phrase, et cette promesse de beauté, que je voulais partager avec vous ce matin !

Point Covid

Je comprends la défiance des gens, d’autant plus que, jusqu’à la semaine dernière, ils n’avaient pas rendu les données de l’étude publiques et ne les ont pas soumises à une grande revue scientifique. Nous ne disposions de rien d’autre qu’un communiqué de presse.

MAIS, même si le vaccin qui sera commercialisé a été testé sur 40 000 volontaires, sans effets indésirables notables, on peut s’inquiéter légitimement : il s’agit d’une course contre la montre entre les labos. Le premier qui sort rafle la mise. La précipitation c’est pas bon…

Une donnée me rassure. Si vous n’avez pas confiance en la philanthropie des labos (vous avez raison), ayez confiance en leur volonté inébranlable de protéger leurs capitaux : un laboratoire comme Pfizer ne PEUT PAS se permettre de commettre la moindre erreur sur un truc aussi énorme. Le monde entier les regarde. Le risque juridique et économique est trop énorme, il en va de l’avenir financier de la boîte. 

A titre personnel, je me ferai vacciner dès que possible.

L'équipe