Alors voilà, c’est l’histoire de Jean-Pierre, un aide-soignant qui travaille dans un service gériatrique de l’hôpital. Son quotidien ? Prendre soin des personnes âgées. Un jour, en été, ces dernières discutent de leurs anciens jardins respectifs etc...

Introduire une tomate dans un service de gériatrie a suffit à recréer du lien entre les patients
Introduire une tomate dans un service de gériatrie a suffit à recréer du lien entre les patients © Getty / Vanessa Gavalya

Elles parlent du goût des cerises de leur enfance, des pommes aux mille et une formes, des salades et des tomates cultivées avec amour.

Ah... les tomates !

Ayant lui-même un jardin, l’aide-soignant commence alors à apporter régulièrement des tomates de chez lui. Et il s’y attelle tout l’été, avec application.

« Non traitées, juste soleil et eau ! m’écrit-il avant de me détailler l’effet magique qu’ont ces tomates sur les patients.

« Leurs visages s’illuminent au moment du repas, et faut les voir croquer doucement dans mes tomates, fermer les yeux, et savourer. Ils en mangent tous. »

Il m’écrit que c’est bête, mais une simple tomate amène une complicité

Même les moins bavards se mettent à discuter, et ils rient, et ils partagent quelque chose tous ensemble, alors ça efface la distance soignant-soigné, ce qui est précieux, parce que pas si fréquent, et ça facilite les soins ! Ce sont des moments où les vieux patients et les vieilles patientes ruminent moins, et se souviennent plus et surtout mieux, c’est-à-dire sans trop de mélancolie, de jolis morceaux de leurs vies.

Peut-être que le bonheur réside juste dans l'attention prêtée aux petites choses de la vie, et le malheur de la négligence dans laquelle on tient ces petites choses, peut-être, je ne sais pas, toujours est-il que, maintenant me dit-il, même les infirmières et certains médecins viennent squatter ce « moment tomate » afin d'en profiter pour expliquer les soins, et s’assurer qu’ils ont bien compris.

Franchement une tomate, c'est formidable !

Et je conclurai sur cette phrase magnifique d’Emile Zola, une phrase que j’ai affiché chez moi, tellement elle est juste :

Rien n’est jamais fini : il suffit d’un peu de bonheur pour que tout recommence ! 

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