Parfois, ce sont les soignant.e.s qui se retrouvent de l'autre côté de la barrière. Baptiste Beaulieu a souhaité partager le témoignage très émouvant d'une de ses collègues, soignante en pédiatrie, qui est revenue sur ce désir d'enfant qu'elle a longtemps ressenti avant de devenir maman.

"Quand tu veux un enfant, tout te le rappelle tout le temps" - Le témoignage d'une soignante en pédiatrie
"Quand tu veux un enfant, tout te le rappelle tout le temps" - Le témoignage d'une soignante en pédiatrie © Getty / FatCamera

"Le désir d'enfant est là tout le temps"

La parentalité, c'est un truc incroyable. Tu pries pendant des années pour que tes règles arrivent, pour ne pas avoir oublié un comprimé sur ta plaquette. Puis, un jour, tu décides d'être parent. Et là, ça devient une obsession : le désir d'enfant est là tout le temps. 

Un mois passe, puis trois, puis six, puis un an. Le seul centre de procréation médicalement assistée de ta région, c'est l'hôpital où tu travailles comme interne de pédiatrie et ton conjoint comme chirurgien pédiatrique. Le radiologue qui te fait les échographies intra-vaginales, sinon ce n'est pas drôle, c'est le même avec qui tu négocies les IRM des enfants d'habitude. Puis le gynécologue qui ponctionne tes ovocytes, c'est l'ancien externe de ton conjoint. D'ailleurs, le jour où tu passes au Bloc, ton mari opère dans la salle à côté. 

Tous les patients sont en couple dans la salle d'attente, mais toi, t'es toute seule, t'es toute seule parce que les ponctions, ça ne prévient pas, on le sait deux jours avant et que ton mari programme ses opérations chirurgicales six mois à l'avance. 

Et puis tu es interne de pédiatrie. Les enfants, c'est 12 heures par jour. Et puis tu les vois. Et pour ne pas aider, tu te spécialises en plus en neurologie pédiatrique : les bébés secoués, les bébés fracturés ou les bébés au regard triste à qui tu sais qu'on ne sourit jamais. Ce que tu ressens, c'est une injustice profonde, immense, sans fin, un gouffre. Bien sûr, tu restes professionnelle. Personne ne sait. 

Mais tu as envie de crier au monde entier 'pourquoi nous' ? D'ailleurs, tu finis par le crier, par le pleurer, par le hurler. Tu sens aussi que ton objectivité te quitte au boulot. Mais tu ne vois pas tellement comment faire parce que ce désir d'enfant, il est là tout le temps, et, pour te le rappeler, il y a les rendez-vous constants de la procréation médicalement assistée et les injonctions à n'en plus finir. 

Quand tu veux un enfant, tu as l'impression que tout te le rappelle tout le temps

Et, finalement, tout ça, c'est normal parce qu'avant d'être médecin, on est humain. Et la parentalité, ça touche à quelque chose de sensible, de profond et d'instinctif. Ça déclenche des sentiments primitifs et irrationnels. 

Courage à tous les parents en devenir. Il y a trois mois et demi, je suis devenue maman et je sais aussi que je ne me suis pas trompée de voie. Ce parcours m'a rendue meilleure. Je serai un bon médecin, en tout cas je ferai de mon mieux. Et ça, ça compte sûrement aussi un peu. Courage à toutes et tous.

Le point Covid de la semaine : le test salivaire se démocratise 

Je suis très content parce que le test salivaire se démocratise et c'est une bonne chose parce que en tant que médecin généraliste, on se retrouvait parfois dans des situations ubuesques ou des crèches où on nous demandaient devant des petits de 2 ans avec de la fièvre, un certificat attestant que ce n'était pas le covid-19. Or, sans la réalisation d'un test PCR, il nous était impossible de réaliser un tel certificat. Cela revenait donc, de la part des directions de crèche, à demander d'enfoncer un coton tige de 15 centimètres dans la fosse nasale d'un bébé de deux ans. 

Autant vous dire que les tests salivaires avec étude PCR en laboratoire, permettront plus facilement d'établir des diagnostics sur les patients au contact de cet âge sans avoir à effectuer des gestes qui peuvent être traumatisants. 

La Haute Autorité de santé préconise même la réalisation de ces tests à domicile pour rassurer les enfants dans ce contexte où leur santé mentale peut être mise à rude épreuve. Ce test, il est aussi indiqué pour les patients ayant une déviation de la cloison nasale ou les patients atteints d'une maladie psychiatrique. 

Petite recommandation il ne faut pas avoir mangé, fumé ou s'être brossé les dents 30 minutes avant la réalisation du test. Et enfin, contrairement au test antigénique rapide qui ne permettait pas d'identifier le variant covid auquel on a affaire, le test salivaire avec analyse PCR le permet. On n'a donc pas à compléter par une analyse naso-pharyngée PCR comme avec le test antigénique quand ce dernier était positif.

L'équipe