Je voulais partager un témoignage positif de patiente parce qu’il est très représentatif des courriers que je reçois. Depuis de nombreuses années elle souffre d’endométriose. Vous savez c'est cette maladie dont on parle de plus en plus mais qui reste encore trop méconnue.

L'endométriose une maladie peu connue
L'endométriose une maladie peu connue © Getty / LaylaBird

Pour simplifier, l'endométriose, c'est quand de petits bouts de la muqueuse qui tapisse l’utérus colonisent l’abdomen, l’appareil urinaire et provoquent d’horribles douleurs...

Combien de fois a-t-elle entendu "c'est dans votre tête, madame !" ?

Cette patiente me parle de son parcours : médecins généralistes, gynécos, spécialistes... Elle en a vu tellement qu’elle en a perdu le compte. Certains lui ont lancé, sans même un regard, "c'est rien ça madame, un Spasfon et hop ça passera..." D'autres, brutaux, ont fouillé en elle sans voir les larmes.

Et d'autres encore lui ont balancé "C'est dans votre tête, madame". L’endométriose c’est souvent, d’abord, une histoire d’errance médicale avant d'avoir enfin un diagnostic. Une fois celui-ci posé, elle me parle des multiples opérations. Puis les traitements hormonaux. Et finalement l'hystérectomie. Le deuil impossible de la maternité. Son ventre à la fois vide et rempli de douleur. Ce que cette patiente regrette le plus ? L’impression que les spécialistes ne lui parlent que de ses organes mais jamais d’elle.

Jusqu’à ce jour où une soignante lui annonce que l’endométriose a touché les reins, le côlon... 

Il faut couper la source en retirant les ovaires. La doctoresse le lui explique doucement, en lui disant qu'elle comprend qu’elle ne soit pas prête. Qu'elle attendra qu’elle le soit. D’ailleurs, la première fois qu’elle l’a rencontrée, la médecin a posé la question : "Acceptez vous que je vous examine ?". 

C'était la première fois qu'un médecin lui demandait si elle consentait à un examen gynécologique.

J’ai eu le sentiment d’être enfin regardée

me dit la patiente. La doctoresse n'a pas exigé qu’elle s’allonge nue avec les pieds dans les étriers. Elle a demandé l'autorisation de l'examiner en gardant la robe à peine relevée. Ce regard et cette question ont tout changé pour elle. La médecin l'a accompagnée de longs mois, jusqu'au moment où elle s’est sentie prête. Au bloc, elle a pris sa main un instant et c’est à cet instant que la patiente a cessé de trembler.

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