Sur son compte Instagram, Baptiste Beaulieu a publié un petit mode d'emploi quant à la marche à suivre en cas de maltraitance médicale où il y expliquait que lui-même demandait systématiquement aux patients leur autorisation avant de les examiner, de même pour la consultation des enfants.

"Qu'un médecin demande le consentement de pouvoir examiner son patient ou sa patiente est aussi du soin"
"Qu'un médecin demande le consentement de pouvoir examiner son patient ou sa patiente est aussi du soin" © Getty / HRAUN

C'est important parce que dans une situation qui est inégalitaire, comme celle qui existe entre un malade et celui qui a autorité à le soigner, demander au patient s'il accepte d'être examiné, c'est rééquilibrer un petit peu ce rapport de force. Et il n'est jamais trop tôt et les patients ne sont jamais trop jeunes pour ne pas remettre un peu de symétrie entre eux et nous.

Je vous donne un exemple : à l'hôpital, les patients sont nus sous une robe uniforme commune à tous les autres patients. Ils sont allongés, ils ne connaissent pas la médecine, ils sont souvent seuls. Les soignants, eux, sont habillés sous des blouses nominatives, ils portent des badges avec leur prénom, ils sont debout, ils connaissent tout du problème médical des patients et ils débarquent souvent à plusieurs dans leur chambre. Comment voulez-vous que le consentement soit libre et éclairé dans ces conditions ? Parce que pas besoin d'avoir un doctorat en psychologie cognitive pour deviner qu'il est très difficile de dire non quand six personnes diplômées que vous ne connaissez pas, mais qui, elles, ont lu votre dossier, vous regardent et disent on va faire ça sur votre corps. 

Quand je reçois, par exemple, des témoignages de lectrices qui m'expliquent qu'un médecin leur a demandé de retirer le soutien-gorge alors qu'elles consultaient pour un acouphène, je suis en colère et je me dis que ces situations n'arriveraient pas si nous expliquions aux patients, ce que nous allons faire et pourquoi nous allons le faire. 

J'ai l'impression que beaucoup de patients ignorent ce simple fait. Ils peuvent refuser un examen, une thérapeutique, un geste.

Atténuer la soumission à l'autorité que représente le corps médical, c'est aussi respecter le serment d'Hippocrate qu'on a prêté, réduire le sentiment de vulnérabilité de nos patients, même les plus jeunes, quel que soit leur âge, c'est du soin aussi. Remettre le tissu d'un chemisier sur le ventre d'une adolescente. après l'examen, c'est du soin aussi, poser un drap sur des jambes en cas d'examen gynécologique, c'est du soin encore. 

Demander si on peut examiner ou non, c'est toujours du soin.

Et cette question, si elle est importante à poser aux adultes, est aussi - sinon plus encore - à poser aux enfants : est-ce que tu acceptes que je t'examine ? Un cabinet médical peut et doit être un sanctuaire et une bonne occasion à saisir pour faire prendre conscience ou pour rappeler aux enfants que ton corps, c'est ton corps et ce n'est pas celui des autres. Le médecin qui examine n'échappe pas à cette règle.

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