Externe, je bossais dans le service d’un professeur, une référence universitaire, notamment à cause (ou grâce) à son ouvrage concernant les maladies rares. Ce livre était THE Bible sur le sujet. Il coûtait, comme tous les précis de médecine, horriblement cher.

L’anxiété ça peut être positif quand on est professeur de médecine
L’anxiété ça peut être positif quand on est professeur de médecine © Getty / skynesher

Le professeur de ce service le rééditait chaque année et, chaque année, il recevait des lauriers pour la qualité de son ouvrage. Et je dois dire que, ça oui, c’était un ouvrage de qualité, et du haut de mes 23 ans, je me réjouissais à l’idée d’avoir ce grand monsieur comme maître pendant quelques mois.

Lors de mon arrivée dans son service, avec mes camarades externes/internes, ce professeur nous a demandé de nous « co-former » en rédigeant chacun des topos synthétiques sur les maladies rares, que nous devions exposer à nos camarades internes et externes au cours de longues et interminables réunions. Chacun de nous choisissait une dizaine de maladies, et nous présentions aux autres leurs symptômes spécifiques, les examens para cliniques pour les diagnostiquer, ainsi que les dernières données de la science concernant le meilleur traitement à proposer aux patients. 

Ce que je trouvais bizarre c’est que notre présentation devait suivre une charte très précise (nous avions tous la même mise en forme).

Vous le sentez venir le truc ? Parce que moi, à l’époque, j’ai rien vu venir ! J’étais tellement naïf !

Bref. J’ai fait tout comme il fallait.

Mes camarades aussi, ont fait tout comme il fallait. 

Et vl’à que nous nous présentions nos topos les uns aux autres, sous la houlette du grand professeur. C’était tous les mercredis, et on était chaque fois très effrayés à l’idée de n’avoir pas bien « rédigé comme il fallait ». Il régnait une vraie peur dans le service, et le professeur n’y était pas pour rien, son regard sévère, son ton sec et cassant, sa façon de prendre un étudiant à partie devant le service entier, tout cela nous rendait très anxieux.

A la fin de nos présentations, le professeur les récupérait sur une clef USB au prétexte que, je cite, « cela servira pour les internes du prochain stage ».

Voilà comment Le Grand Professeur sortait chaque année l’ouvrage DE référence. Avec son nom en grand. Et des droits d’auteur à la clef. Et les noms des internes/externes ? Ils n’étaient pas mentionnés. Évidemment.

Tout ça pour dire : l’anxiété ça peut être positif quand on est professeur de médecine.

Avec, on peut se payer une jolie maison et refaire le liner de sa piscine !

Point Covid

Où en est-on de la contamination aujourd’hui ? Le virus circule sur le territoire. On le sait.

Comment savoir quels lieux concentrent les contaminations ?

En regardant les clusters. Et actuellement, les chiffres de Santé Public France montrent que ce sont les universités et les écoles qui concentrent le plus de clusters. Elles jouent un rôle majeur dans la chaîne de transmission. 1/3 des clusters ! 1/3 des contaminations !

Pourtant, quand on interroge les enseignants, ils nous confient tous leur même incompréhension.

Injonctions contradictoires, pas de vraies lignes directrices claires... Ils sont un poil livrés à eux-mêmes. 

Que faire ?

Pour ce qui concerne les écoles, il n’y a pas vraiment de solutions réalistes. L’Italie qui s’en était très mal sorti lors de la première vague, a l’air de faire beaucoup mieux que nous cette fois-ci, et c’est passé notamment par l’ouverture de nombreuses salles de classe supplémentaires.

Pour ce qui est des universités, il faudrait continuer à privilégier les cours à distance. Aérer les lieux d’étude. Éviter d’entasser les étudiants dans un même amphithéâtre. Jouer la solidarité entre étudiants en cette période difficile. Créer du lien. Et surtout SURTOUT ne pas exiger que les étudiants fournissent un certificat médical justifiant leur retrait de cours. Nos cabinets médicaux sont déjà surchargés.

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