Baptiste Beaulieu pousse un coup de gueule aujourd'hui : l'hygiène des mains est primordiale dans la sexualité. Démonstration.

Lettre de Baptiste Beaulieu à ceux qui ne se lavent pas les mains
Lettre de Baptiste Beaulieu à ceux qui ne se lavent pas les mains © Getty / Sellwell

"Souvent, souvent, je vois des patientes qui consultent pour des infections urinaires, et même si je sais que ces maladies touchent plus facilement les femmes que les hommes, notamment en raison de la longueur de l’urètre, (il est plus court chez les femmes) je ne peux pas m’empêcher de rapprocher ce fait de toutes ces fois où j’accueille en consultation des hommes ayant au bout des doigts des ongles sales et mal taillés.

Ne poussez pas de cris dégoûtés, je suis médecin, nous sommes des grandes personnes, nous écoutons France Inter, et nous parlons de relations intimes, oui, oui, vous avez bien compris.

Je connais des femmes qui souffrent de cystites chroniques depuis l’âge de leurs premiers rapports. Alors je n’accuse pas tous les hommes, et je n’accuse pas toutes les mains des hommes dans le monde, beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu, MAIS...

MAIS le désintérêt de certains patients pour leur manucure me fait prendre conscience à quel point l’éducation sexuelle en France est déficitaire, et surtout à quel point elle ne privilégie pas la santé féminine.

Je veux dire : on n’a jamais appris à ces hommes qu’un urètre ça peut s’infecter ? Que des doigts sales sont des facteurs de risques d’infections pour les femmes ? Qu’avoir à cœur la bonne santé de sa partenaire est aussi une forme de respect mutuel au sein du couple ? Et que les muqueuses intimes sont de petites choses sensibles, qui se griffent très vite, se sur-infectent très vite, et dont l’équilibre microbiotique est extrêmement fragile ?

Comment se fait-il que des adolescentes enchaînent cystite douloureuse sur cystite douloureuse sans savoir - parce qu’on ne leur a jamais appris - que le problème ne vient pas d’elles mais de leurs partenaires ?

Tu m’étonnes que la première chose que les femmes regardent chez les hommes, ce sont leurs mains ! C’est ça ou la pyélonéphrite alors la question elle est vite répondue, comme dirait l’autre !

Il y a tellement d’injonctions faites au corps des femmes : se laver, avoir une hygiène intime irréprochable, s’épiler ceci, s’épiler cela, mais les hommes rien. Vous vous imaginez, vous, au lit avec Wolverine ? Les femmes méritent mieux.

Une lectrice m’écrivait :

C’est horrible pour une jeune fille aujourd’hui de faire ses premières expériences dans ces conditions culpabilisantes et complètement inégalitaires dans ce rapport à l’hygiène.

Elle a raison.

Bref.

Tout ça pour en arriver où ? Je ne sais pas. Mais peut-être, et c’est ce dont témoignent les femmes que j’ai interrogées, peut-être que si les rapports sexuels n’étaient pas - dans la tête des hommes - réductibles à la seule pénétration phallique, ils prendraient soin de leurs mains comme ils prennent soin du reste. 

Donc : lavez-vous les mains, et le reste, mais les mains aussi !"

Piste Covid : Y a-t-il une deuxième vague en France ?

Alors le nombre de cas testés positifs augmente. Il augmente beaucoup et quand on voit la dynamique d’une semaine sur l’autre on est bel et bien sur un début d’exponentielle. 

Alors oui il est vrai qu’on teste plus qu’avant et donc on pourrait légitimement penser que c’est la raison pour laquelle les chiffres augmentent. 

Mais il ne faut pas raisonner en valeur absolue, mais en taux de positivité : nombre de cas positifs sur nombre de tests effectués. Et là on s’aperçoit qu’effectivement ça progresse beaucoup et vite depuis mai. 

De même : on doit raisonner en nombre d’hospitalisations en réanimations plus qu’en nombre de cas positifs, puisque c’est ce qui nous intéressent MAIS le type de population testée par rapport au mois de mars/avril est différent. 

on teste beaucoup plus de patients asymptomatiques ou pauci-symptomatiques et beaucoup plus de patients jeunes et en bonne santé qu’au mois de mars où on testait surtout les cas graves et hospitalisés. 

Donc le taux d’hospitalisation est difficilement comparable à celui du mois de mars et les chiffres actuels nous donnent une idée de la manière dont le virus circulait dans la population avant le pic du mois de mars. 

Donc je ne veux pas être alarmiste, mais OUI la situation sanitaire en France n’est pas bonne. Le virus circule, il circule vite.

Je suis inquiet, à titre personnel alors que je ne voyais qu’un à deux patients COVID19 positifs début mai au cabinet médical, maintenant j’en vois tous les jours.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.