Aujourd’hui on revient sur le profil du jeune néonazi mis en examen la semaine dernière pour avoir projeté un attentat contre son ancien lycée et une mosquée.

D'abord, il faut rappeler que ce jeune homme de 19 ans se définissait comme un combattant blanc et nationaliste et qu'il espérait faire pire que le massacre de l'école secondaire de Columbine, aux Etats-Unis, qui avait fait 14 victimes en 1999. Et lors de la perquisition, les enquêteurs ont découvert des cahiers dans lesquels il prêtait allégeance à Hitler et faisait des références à Anders Breivik, le terroriste norvégien derrière les attentats d'Oslo qui avaient fait 77 morts en 2011. 

Pendant sa garde à vue, il expliquait aussi que la culture occidentale était menacée par le grand remplacement. Ce concept particulièrement prisé de l'extrême droite complotiste. Mais l'enquête semble également avoir révélé qu'il était proche d'une mouvance qu'on appelle les Incel. 

C'est la contraction anglaise de célibataire involontaire. C'est une mouvance qui est apparue en ligne au début des années 2000 et qui regroupe ceux qui se définissent comme étant incapables de trouver une partenaire sexuel ou amoureuse. Et ils ont développé tout un discours marqué par la haine des femmes qui seraient supposément responsables de leur misère sexuelle et affective. Leur frustration, couplée à une vision particulièrement rétrograde des femmes, les fait graviter le plus souvent au sein de milieux liés à l'extrême droite. Et cette radicalité a poussé certains à commettre des actes particulièrement violents. 

Certains d'entre eux sont même à l'origine de tueries de masse, dont la plus connue est celle d'Isla Vista, en Californie, où un jeune individu du nom d'Eliott Rodger a tué une demi douzaine de personnes en 2014. Il avait d'ailleurs laissé derrière lui un long manifeste expliquant sa haine des femmes et il est devenu une véritable icône pour les adeptes de cette mouvance. On compte aujourd'hui près d'une dizaine de tueries inspirées de près ou de loin par cette idéologie et on a constaté une véritable accélération depuis 2020 qui pourrait être liée à la pandémie de Covid-19. D'ailleurs, une étude de l'Université de Cambridge de 2020 a révélé une forte hausse de leur activité en ligne, notamment durant les différents confinements. 

On constate enfin que cette mouvance semble se développer de plus en plus en Europe. Et le cas de ce jeune néonazi français en est probablement le symptôme.

  • Légende du visuel principal: Retour sur le profil du jeune néonazi mis en examen pour avoir projeté un attentat contre son ancien lycée et une mosquée. © Getty / Peter Tandlund
L'équipe
  • Tristan Mendès FranceEnseignant dans le domaine du numérique et collabore à l’Observatoire du conspirationnisme
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