Les discours complotistes qui tendent à mettre en doute l’intégrité du processus électoral pourraient gagner en visibilité lors des prochaines échéances électorales.

Manifestation du mouvement "stop the steal" aux Etats-Unis en janvier 2021 dans le Minnesota
Manifestation du mouvement "stop the steal" aux Etats-Unis en janvier 2021 dans le Minnesota © Getty / Michael Siluk/Education Images/Universal Images Group

D’abord rappeler ce qui s’est passé aux Etats Unis et qui pollue encore le débat national américain aujourd’hui. On se souvient tous du matraquage complotiste de Trump sur les supposées fraudes dont il aurait été victime.

Toute cette effervescence complotiste a donné naissance à un mouvement populaire aux États-unis qu’on appelle "stop the steal" (Arrêtez le vol électoral)

Il a eu, et a encore, un impact profond sur une partie de l’électorat américain. Avec des idées totalement délirantes comme le fait que les machines de vote auraient été hackées par des satellites italiens… Et à la clé, de multiples tentatives de recomptage des votes et de remise en causes des résultats électoraux. Sans parler des émeutes du 6 janvier au Capitole qui devaient bloquer la certification du vote du collège électoral et bloquer, au final, la victoire de Biden. 

Le résultat : c’est qu’aujourd’hui 60% des Républicains pensent que les élections ont été volées.

Et chez nous ? 

Franchement on n’en est pas là, mais c’est une petite musique qu’on entend en ligne et que je trouve assez inquiétante. Et parfois portée par des personnalités politiques. Il y a quelques mois, on pouvait entendre Nicolas Dupont-Aignan dans une vidéo sur son site, expliquer que l’élection de 2017 avait été, je cite, truquée ; ou encore Florian Philippot qui dans un tweet du 23 juin dernier disait : "Ils veulent truquer l'élection présidentielle de 2022 après avoir truqué celle de 2017"

Mais on a aussi certains QAnons français en ligne, il y en a peu mais il y en a, qui cherchent aussi à importer cette défiance issue du mouvement américain "Stop the steal". Alors tout ça reste très marginal, j’insiste, mais avec la virulence du complotisme en ligne aujourd’hui, ça reste un phénomène inquiétant.

Il y a aussi des listes aux régionales, qui ont une teinte complotiste, et qui pourraient alimenter ce type de défiance.

Un peu partout en France, on a vu apparaître des listes, assez déroutantes, inspirées, pour la plupart, par des figures complotistes. Et notamment le médecin Louis Fouché, qui expliquait encore il y a peu, que ces élections étaient de toute façon truquées, mais qu’il fallait malgré tout y aller. 

Alors que ce soit en Île-de-France, en PACA, en Bretagne ou dans le Pays de la Loire, on a des listes aujourd’hui portées par des individus qui ont une empreinte numérique complotiste, anti masques, antivax, ou qui parlent par exemple de dictature sanitaire. 

Si elles ont objectivement très peu de chance de récolter beaucoup de voix, elles seront malgré tout (avec ceux qui les soutiennent) un levier propice à ces discours complotistes de défiance électorale. Avec le risque d’alimenter au final, un mouvement plus large de remise en cause de notre processus électoral et donc de notre démocratie. 

L'équipe
  • Tristan Mendès FranceEnseignant dans le domaine du numérique et collabore à l’Observatoire du conspirationnisme
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