Nous voici transportés aux côtés d'une des plus grandes figures historiques du journalisme français. Ici dressée sur la tourelle d'un char, téméraire, fraternisant avec un soldat. Brigitte Friang était à Diên Biên Phu, en Indochine française, au printemps 1954, à la veille de la défaite de l'Union coloniale française.

1954 : Brigitte Friang à Dien Bien Phu
1954 : Brigitte Friang à Dien Bien Phu © Archives secrètes des Armées, Gallimard

Fabrice d'Almeida décrypte la profondeur historique d'une photographie conservée aux archives des établissements photographiques et cinématographiques des armées, l'ECPAD. Voici Brigitte Friang, étincelante, alors que la défaite française de Diên Biên Phu était imminente. L'armée impériale française était encerclée en 1954. 

Elle était journaliste, plus précisément reporter pour une revue mensuelle appelée Indochine Sud-Est asiatique

Elle entre d'abord dans la Résistance à 19 ans puis, en août 1943, au Bureau des opérations aériennes, inspectant des terrains d’atterrissages clandestins, avant d'être interceptée par la Gestapo et déportée à Ravensbrück à 21 ans. C'est après avoir été attachée de presse aux côtés d'André Malraux qu'elle devient correspondante de guerre, notamment pour l'ORTF.  Elle suit la guerre d’Indochine à partir de 1951, bientôt présente dans le camp de Diên Biên Phu. Elle refuse de céder à la peur et tient à rester jusqu'au bout aux côtés des soldats, prête à partager leur sort jusqu'au denier acte de bravoure, avant d'être finalement évacuée par l'armée. Elle est l’incarnation du panache français !

Des théâtres d'opérations militaires, elle en connaîtra un certain nombre. Elle est l'une des rares journalistes de sa génération à en couvrir autant dont le débarquement français de Suez en 1956, la guerre des Six Jours en 1967 et la guerre du Vietnam avec l’offensive du Vietcong du Têt sur Saïgon en 1968.

Elle devient journaliste indépendante, en 1968, après avoir été licenciée de l’ORTF suite aux pressions exercées par le pouvoir politique gaulliste. 

Archives : Jacques Chancel - Radioscopie, en 1976 : Brigitte Friang revient sur les grandes valeurs de camaraderie et de fraternité que représentait pour elle le journalisme de guerre. 

▶︎ Tout l’été, Fabrice d'Almeida, vous plonge dans l’histoire, grâce à des dossiers sortis des archives du ministère des Armées, souvent inédites, parfois secrètes, mais toujours surprenantes. De quoi regarder différemment des événements historiques grands ou petits, et mieux comprendre le monde qui nous entoure. 

▶︎ 40 émissions à écouter, à podcaster et à lire bientôt dans un livre en partenariat avec les éditions Gallimard et le Ministère des Armées : "Archives secrètes des Armées"

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