À la découverte d'un télégramme top secret provenant de Chine, intercepté en 1952 par le Service de contre espionnage français (SDECE). En même temps qu'une rumeur concernant une baisse d'influence de Mao Zedong, il révèle l'inquiétude politique de la France à l'égard de la toute jeune République populaire de Chine.

Le président du Parti communiste chinois Mao Zedong et le président de la république populaire de Chine Liu Shaoqi, Chine, Octobre 1966
Le président du Parti communiste chinois Mao Zedong et le président de la république populaire de Chine Liu Shaoqi, Chine, Octobre 1966 © Getty / Sovfoto / Contributeur

Quand la Chine populaire bouleverse la guerre froide

Alors qu'en janvier 1950, le Royaume-Uni reconnaît le nouvel Etat communiste chinois,  que la Chine de Mao Zedong et le Vietminh reconnaissent mutuellement leur souveraineté, la question de la reconnaissance de la Chine populaire par la France, représente, dans les années 1950', une vraie problématique géopolitique. Une inquiétude que la France partage avec les Etats-Unis. 

L’établissement d’un régime communiste en Chine, en plus de l'URSS de Staline, remet profondément en cause l’équilibre des puissances, particulièrement en Extrême-Orient. La France cherche, de son côté, à mieux identifier cette nouvelle Chine. 

Les services secrets français inquiets 

C'est dans ce climat-là qu'a été élaboré ce rapport classé secret dont parle Fabrice Almeida. Il s'agit d'une archive des services secrets qui repose dans les archives du ministère des Armées. Ce rapport date de 1952. Cela fait trois ans que la République populaire de Chine a été proclamée par Mao Zedong. La France doute des intentions de la nouvelle Chine populaire. Le SDECE est prêt à tout pour débusquer des renseignements disposant, là-bas, d'un grand réseau d'information.

Il faut dire que la reconnaissance par la France de la République populaire de Chine n'a lieu qu'en 1964 et c'est seulement à ce moment-là que les relations bilatérales entre les deux pays s'officialisent. 

Ce télégramme montre combien les relations étaient extrêmement tendues entre les deux pays au début des années 1950'. La France cherchait à retarder le plus possible la reconnaissance de l'Etat chinois. Pourquoi ? La nouvelle Chine représentait une sévère menace quant à la préservation de ses intérêts en Indochine. Une reconnaissance immédiate aurait donné les mains libres aux Chinois pour contrarier la zone d'influence française voisine. La France cherche par tous les moyens à préserver son maintien sur place et cherche à s'assurer que la Chine n'entrave pas ses actions en Indochine. 

Un télégramme qui apporte une simple rumeur

Ce rapport secret que le SDECE intercepte rend compte de la rivalité entre Mao Zedong et Liu Shaoqi qui vaudra à ce dernier d'être condamné par le Parti communiste pendant la Révolution culturelle. 

La source de ce télégramme est un jésuite français arrivé en Chine à la fin des années 1930'. Il ne fait état que de rumeurs jugeant que Liu Shaoqi, grand rival de Mao Zedong, disposerait d'une plus grande influence politique que ce dernier. Une information précieuse et alléchante mais qui ne tarde pas à être rapidement nuancée et démentie. 

Archive sonore 🎧 En 1974, au micro de France Inter, Patrick Poivre d'Arvor annonçait la confirmation du décès de Liu Shaoqi.

▶︎ Tout l’été, Fabrice d'Almeida, vous plonge dans l’histoire, grâce à des dossiers sortis des archives du ministère des Armées, souvent inédites, parfois secrètes, mais toujours surprenantes. De quoi regarder différemment des événements historiques grands ou petits, et mieux comprendre le monde qui nous entoure. 

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