Rares sont les femmes qui ont pu poser leur regard sur les camps allemands à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Germaine Kanova a pris des clichés du camp de Vaihingen tout juste libéré. Certains de ses clichés ont fait le tour du monde. Mais le rapport qu’elle a écrit à chaud pour les expliquer est peu connu.

La photographe Germaine Kanova sur la ligne Siegfried, Allemagne, 1945
La photographe Germaine Kanova sur la ligne Siegfried, Allemagne, 1945 © ECPAD

Une photographe des camps de la mort

En scrutant les archives du ministère des Armées, Fabrice d'Almeida est tombé sur des photographies prises, il y a 75 ans, par une grande photographe, Germaine Canova. Nous sommes en 1945, en pleine libération des camps de concentration et d'extermination, année où l'Allemagne Nazie capitule face aux Alliés.

Une parmi tant d'autres parle d'elle-même au point de faire le tour du monde : 

C'est un homme mourant, le visage d'une terrible maigreur, regarde vers l'objectif avec les yeux exorbités

Outre ces images terribles, un rapport peu connu que la photographe a écrit. Il permet de mieux comprendre les circonstances dans lesquelles celles-ci ont été prises. Il éclaire son projet photographique et nous replonge dans l’horreur des années les plus sombres de l'histoire de France. Engagée dans les Forces françaises libres, pendant la guerre, elle devient reporter photo au Service cinématographique des armées. 

Prise de conscience de l'horreur nazie

Lorsque la photographe pénètre dans le camp de Vailhingen, le 13 avril 1945, celui-ci est libéré seulement depuis quelques jours. En même temps que les forces alliées qui ont pénétré en Allemagne, et qu'elle suit, elle y découvre l'horreur et la dure réalité de ces camps de la mort où demeurent encore de nombreuses victimes, mourantes mais aussi celles gisantes dans leur lit... En photographiant ce véritable cauchemar, Germaine Canova veut rendre leur dignité d'hommes et femmes aux victimes et immortaliser à jamais les dégâts du nazisme. 

📷 PHOTOGRAPHIE - Retrouver nombreuses de ses photos sur le site de l'établissement cinématographique et photographique des armées L'ECPAD

▶︎ Tout l’été, Fabrice d'Almeida, vous plonge dans l’histoire, grâce à des dossiers sortis des archives du ministère des Armées, souvent inédites, parfois secrètes, mais toujours surprenantes. De quoi regarder différemment des événements historiques grands ou petits, et mieux comprendre le monde qui nous entoure. 

▶︎ 40 émissions à écouter, à podcaster et à lire bientôt dans un livre en partenariat avec les éditions Gallimard et le Ministère des Armées : "Archives secrètes des Armées

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