Louise de Bettignies, ce nom vous dit quelque chose ? Si vous habitez dans le Nord, peut-être…

Louise de Bettignies
Louise de Bettignies © NINA

'Louise de Bettignies, une espionne de guerre'

: des rues, des places, des écoles portent son nom. A Lille, boulevard Carnot, une statue pas très belle, la représente raide, le regard dans le lointain, comme une sainte, avec à ses pieds, un soldat qui lui baise la main. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Louise de Bettignies fut une femme bien réelle, au destin exceptionnel : en 1914 cette Lilloise de bonne famille, catholique, célibataire à 34 ans, qui semblait vouée à une vie de vieille fille ou de nonne, va prendre la tête d’un incroyable réseau d’espionnage et devenir une héroïne de la Première guerre mondiale.

Les deux guerres mondiales, on le sait, furent terriblement destructrices et meurtrières… Louise de Bettignies elle-même, qui aimait la vie, y perdra la sienne…

Parade de la Garde,Grande Place à Lille
Parade de la Garde,Grande Place à Lille © Radio France

Mais en bouleversant les codes sociaux (c’est tout le paradoxe des guerres) elles furent aussi des moments de grande émancipation des femmes : quand en 1914, Lille est occupée par l’armée allemande (eh oui, il y eut aussi pendant la première guerre mondiale, une occupation allemande en France), qu’importent les convenances et les bonnes manières ! L’urgence pour Louise est désormais de se battre. Un engagement qui va se révéler très dangereux mais qui va aussi lui donner un intense sentiment de vivre.

Louise de Bettignies
Louise de Bettignies © Radio France

L'invitée de Stéphanie Duncan est Chantal Antier, Docteure en Histoire internationale

Chantal Antier manifeste depuis ses études universitaires un intérêt majeur pour l’histoire de la Guerre 1914-1918. Sa thèse sur la Grande Guerre en Seine-et-Marne, soutenue à l’Université de la Sorbonne, a été le point de départ de recherches sur le rôle des femmes pendant cette période.

Au fur et à mesure de mes recherches, j’ai fait des découvertes passionnantes sur l’évolution de la plupart des femmes, y compris des actrices, pendant la Première Guerre Mondiale. La France entière, quel que soit son niveau social, était alors au service de la Guerre. La guerre a permis aux femmes de prendre en charge des domaines qui ne leur étaient pas familiers, dans leur vie sociale et civique sur le plan communal. Louise de Bettignies, par son patriotisme, en est un exemple.

Chantal Antier

Louise de Bettignies, Espionne de guerre , une fiction de Jean-Philippe Noël

Louise de Bettignies
Louise de Bettignies © Radio France / x

Avec :

Vanda Benès : Louise de Bettignies,

Fannie Outeiro : Germaine de Bettignies,

Matthieu Marie : Monsieur de Geyter,

Morgane Arbez : Marie-Léonie Vanhoutte,

Marie-Pierre Casey : Madame Ladrière,

Donatien Guillot : Albert,

Philippe Weissert : Le commissaire Goldschmidt.

Bruitages : Bertrand Amiel

Prise de son montage et mixage : Jehan Richard-Dufour, Victoria Aspert

Assistant à la réalisation : Félix Levacher

Réalisation : Benjamin Abitan

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Louise de Bettignies, Espionne et héroïne de la grande guerre , Chantal Antier, éditions Tallandier

Louise de Bettignies, de Chantal Antier
Louise de Bettignies, de Chantal Antier © / Editions Tallandier

Rien ne destine la jeune Louise de Bettignies, cultivée et polyglotte, née dans une grande famille désargentée du Nord de la France, catholique fervente, à devenir une véritable espionne et héroïne de la Grande Guerre.En 1914, révoltée par l’invasion allemande de la Belgique et de sa ville de Lille, Louise s’engage au sein de l’Intelligence Service dont elle devient agent secret sous le pseudonyme d’Alice Dubois. Elle est chargée d’organiser un réseau d’évasion et de renseignements militaires, le réseau Ramble. Arrêtée par les Allemands en octobre 1915, jugée et condamnée à mort, la jeune femme est enfermée dans la sinistre forteresse de Siegburg où elle prend la tête de la rébellion des prisonnières. Punie de cachot, Louise en sort gravement malade et meurt faute de soins le 27 septembre 1918.Mystique et avide de sacrifice, son courage lui vaut le surnom de «Jeanne d’Arc du Nord». À l’aide de documents familiaux inédits, Chantal Antier retrace les multiples épisodes de la vie de Louise de Bettignies, apporte un nouvel éclairage sur sa foi et son patriotisme, et fait surgir devant nous une femme résolument en avance sur son époque dont l’exemple ne doit pas tomber dans l’oubli.

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