Une fiction sur le voyage au Congo accompli par André Gide et Marc Allégret en 1925, suivi d'un entretien avec le professeur de littérature, Franck Lestringant.

André Gide et Marc Allégret en 1945
André Gide et Marc Allégret en 1945 © Getty / Archives Photos

Cette photo représente André Gide et Marc Allégret en train de jouer aux échecs en 1945. Une autre photo fut prise vingt ans auparavant, alors qu'ils se trouvaient au Congo, et prenaient le thé en plein air. La photo, en noir et blanc, est terrible : Devant une hutte d’un village africain, deux hommes sont assis l’un en face de l’autre à une table, recouverte d’une nappe. Une théière… des tasses… ça doit être l’heure du thé. Les hommes sont minces, élégants… blancs. Ils se ressemblent : le même casque colonial, les mêmes chaussures blanches… Une complicité nonchalante semble lier les deux hommes. Le plus jeune, c’est Marc Allégret, futur cinéaste. L’autre, plus âgé, c’est André Gide, le grand écrivain français, l’auteur de La Symphonie Pastorale et des Faux-monnayeurs. Ils sont amis et ils sont amants.

Cette photo, prise au Congo en 1925, est terrible, à cause du charme désuet qui s’en dégage, et par tout ce que, sans le montrer, elle rappelle la violence du colonialisme, quand la France dominait presque la moitié de l’Afrique, un empire divisé en deux entités : l’AOF (Afrique Occidentale Française) et l’AEF (Afrique Équatoriale Française).

Mais pour André Gide persuadé, comme la plupart de ses contemporains, des bienfaits civilisateurs de la colonisation, ce séjour en Afrique va marquer un tournant, le début d’une prise de conscience qu’il fera connaître au monde entier dans un livre,Voyage au Congo.

L'invité

L'invité de Stéphanie Duncan est Frank Lestringant, professeur de littérature.

La fiction

1925, Le voyage au Congo d'André Gide, une fiction de Jean-Philippe Noël, réalisée par Michel Sidoroff.

Avec les voix de :

  • Michel Derville – André Gide
  • Baptiste Dezerces – Marc Allégret
  • Yvonne de Trévise – Clothilde Morgiève
  • François Siener – George Pacha
  • Modeste N'Zapassara – Samba N'Goto
  • Joachim Salinger – André Blaud
  • François Kergourlay – Le représentant de la compagnie forestière

Et l'équipe de réalisation :

  • Bruitages – Sophie Bissantz
  • Prise de son, montage et mixage – Pierric Charles et Manon Houssin
  • Assistant à la réalisation – Félix Levacher
  • Réalisateur – Michel Sidoroff

La musique

Oumou Sangaré - Fadjamou

Les livres

André Gide l'inquiéteur- Volume 1, Le Ciel sur la Terre ou L'inquiétude partagée, 1869-1918, auteur Frank Lestringant paru chez Flammarion

Créateur du mot d'"inquiéteur", André Gide l'a également incarné en étant un adversaire de la société qui n'a eu de cesse de remettre en cause ses valeurs. C'est ce que s'emploie à montrer cette biographie. Ce premier volume embrasse les premières années de la vie de l'écrivain, la période de la formation, de l'affirmation et de la crise décisive d'où émergeront les choix de l'entre-deux-guerres.

André Gide l'inquiéteur - Volume 2, Le Sel de la Terre ou L'inquiétude assumée, 1919-1951, auteur Frank Lestringant paru chez Flammarion

Après 1918, Gide invente le personnage de l'intellectuel moderne : un intellectuel en mouvement. Pressentant avec un instinct très sûr tout ce qui semble vouloir renaître d'initiative et de vie, fasciné par la jeunesse autant qu'il la fascine, non seulement il n'ignore aucun des grands courants littéraires de son siècle, mais le voici qui anime à présent le débat intellectuel. À cinquante ans, il devient le « contemporain capital », le maître à penser dont l'influence va s'étendre sur plusieurs générations.

Écrivain en quête perpétuelle de sa vérité, revendiquant le droit au scandale et à la transgression, Gide se bat contre le triomphe des préjugés et pour une redéfinition de la morale, mettant l'accent sur la puissance du désir, la libération du corps et la liberté de conscience, fondamentale.

Le Théâtre de la Floride , auteur Frank Lestringant paru chez PUPS

Les expéditions en Floride de Jean Ribault et René de Laudonnière prennent place au début des guerres de Religion (1562-1565). Il s’agit, à l’instigation de l’amiral de Coligny, de faire pièce à l’Espagne en Amérique du Nord. Or c’est menacer la voie traditionnelle des galions qui, chaque année, rapportent l’or et l’argent d’Amérique. D’où la brutale intervention militaire de la fin de l’été 1565 et, sous l’action expéditive de l’adelantado Menéndez de Avilés, la liquidation de la colonie en quelques semaines. Les derniers survivants sont traqués, égorgés ou faits esclaves. Les estimations varient entre cinq cents et mille morts. Ce sinistre épisode a pour épilogue l’expédition de représailles menée par Dominique de Gourgues contre trois forts espagnols, dont la garnison est pendue en totalité.

L’ouvrage prend appui sur les images de Jacques Le Moyne de Morgues, les quarante-deux gravures du second volume des Grands Voyages de Théodore de Bry (1591). Pour la première fois est traduit du latin en français le récit de la colonisation, suivie de la destruction de l’établissement.

Vingt-cinq ans après, les Indiens Timucua de Floride sont représentés à travers un ensemble de références aussi tardives que disparates, qui associent à la hache des Tupinamba du Brésil des détails venus des tuniques aztèques, telles qu’elles sont figurées dans le Codex Mendoza, ou des artefacts européens comme la hotte de vendangeur. Au total, la suite floridienne est un ensemble composite, mais nostalgique d’un monde embelli par le souvenir, qui replonge par instants le spectateur dans l’Éden des origines.

Pour en savoir plus sur André Gide, vous pouvez consulter la publication du jeudi 11 mai 2017, Beatrix Beck et André Gide, écrivains en liberté.

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