Hpone est connu pour avoir été deux années de suite finaliste de l’émission de télé crochet ‘Myanmar’s got talent’. Le samedi soir, il se promène dans les rues de Rangoun, avec les chiens sauvages.

Hpone de Rangoun
Hpone de Rangoun © Caroline Gillet

LUI

Il habite avec ses parents à Rangoon, l’ancienne capitale birmane, mais a vécu 5 ans à Paris, au début de l’adolescence. C’est là qu’il a appris la danse. C’est là aussi qu’il a appris un jour la libération d’Aung San Suu Kyi. Il raconte ‘c’était à la radio, j’étais avec mon père, il m’a dit ‘écoute ça’, il a appelé ma mère, ils étaient heureux, mais bouleversés. Ils ont appelé nos oncles et tantes en Birmanie pour vérifier l’information. Le pays allait enfin bouger’. Pour Hpone, le changement se voit dans les universités qui sont plus ouvertes. Il y a plus de magasins, plus de fêtes dans les rues et plus d’interactions entre filles et garçons. ‘Pendant 50 ans, le pays avait été sous régime militaire, les gens ne sortaient pas après 18 heures, ils étaient très déprimants. Avant, il n’y avait qu’une raison de sortir : c’était pour protester, maintenant on sort pour faire des fêtes dans les rues’.

Ça reste insuffisant pour Hpone qui aimerait créer un centre chorégraphique. Il cherche des subventions et en attendant, donne des cours à des jeunes qui souvent, n’ont jamais fait de danse et s’étonnent de ce qui est possible. Il tente aussi d’organiser des expositions et évènements. 

Il bénéficie d’une petite notoriété : il y a un peu plus d’un an, alors qu’il se promenait dans un centre commercial, on lui a proposé de passer une audition pour ‘Myanmar’s got talent’. Il a été pris et est arrivé jusqu’en finale. 

Je lui demande s’il y a déjà croisé des Rohingyas, il me répond que non, qu’ils restent essentiellement dans leurs régions. Il ne sait pas grand-chose de ces questions-là.. Il dit juste que ça l’attriste, que les tensions sont instrumentalisées par des moines extrémistes, que les populations dans les villages sont vulnérables et très impressionnés par leurs discours. Lui-même est bouddhiste, il vit tout près d’une des plus célèbres pagodes du pays. Ils y vont tous les samedis matins avec ses parents. Chacun se met alors dans un coin du temple qui correspond au jour de sa naissance et récite des prières apprises par cœur.

LE SAMEDI SOIR

Le samedi soir, il se promène avec des amis dans les rues de la ville, parfois très tard. Il n'y a alors plus que des chiens errants dans les rues. 

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