Melda se pose des questions sur la vie et ses mystères. En attendant de comprendre, elle danse.

Melda, le samedi soir à Izmir (jointe par Caroline Gillet via Skype)
Melda, le samedi soir à Izmir (jointe par Caroline Gillet via Skype) © Radio France

ELLE

Depuis un mois et demie, elle vit dans une colloc avec deux copines et un copain. C’est très grand et elle fait de la kick box dans le salon. Dehors, il y a un grand boulevard, une grande université et beaucoup d’étudiants. Elle dit ‘c’est très agité’ comme quartier

En ce moment, elle lit ‘L’atlas des continents brumeux’ de l’écrivain turc Ihsan Oktay Anar. Elle l’adore, se dit que l’auteur a tout compris quand il dit ‘la vie est un rêve’. Depuis ses 25 ans, elle se pose énormément de questions sur la vie et la mort. Elle dit qu’elle aime vivre dans le flou, ne pas avoir les réponses, que c’est important de pouvoir changer d’avis sur les choses, encore et encore, tous les jours, et de façon radicale.   

Elle se pose aussi des questions sur les sentiments universels comme l’amour. Un ami lui avait dit ‘l’amour c’est comme la peine, dans le monde entier le mal fait mal et l’amour c’est la même chose. Tu le sauras quand tu seras amoureuse’. Elle a ressenti cela pour la première fois l’année dernière. Et aussi peut-être ‘des hormones du désir d’enfant’. 

Ses parents on émigré de l’est de la Turquie vers Istanbul dans les années 70 pour travailler sur des chantiers. Son père est conducteur de bulldozer et a arrêté l’école après les primaires. ‘Ils avaient tous le même destin dans notre quartier’, dit Melda ‘Ils construisaient leur bâtiment. Ça devenait un étage, puis deux étages, parce que les frères arrivaient. J’ai grandi dans un immeuble comme ça avec mes oncles au dessus et en dessous’. Puis à la fin de l’adolescence, alors qu’elle passait des vacances à Izmir, ses parents lui ont dit de ne pas rentrer à la maison. Qu’ils allaient emménager là-bas. Elle a accepté, mais ça n’a pas été facile, c’est de cette époque là qu’elle garde sa timidité.

Au lycée, elle était très impliquée en politique. Mais ces derniers temps, elle ne s’implique pas beaucoup en politique, n’arrive pas trop à comprendre ou s’intéresser. Elle se souvient des manifestations place Taksim en 2013. Et puis, l’année dernière, elle était à l’étranger au moment du coup d’Etat, c’était un peu le chaos. Elle se dit que plus en apprend sur tout cela, plus ça fait mal. En fait, en ce moment, elle dit qu’elle a juste envie de danser.

LE SAMEDI SOIR

Elle danse dans les rock bars d'Izmir.

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