La mère d’Elena vient d’une famille abkhaze très communiste, très sobre, où ‘on joue au piano et on fait de la danse classique’. Son père au contraire, vient d’une famille géorgienne très très libre : musique rock et premiers skate boards et un détournement d'avion. Elena elle, fait du cinéma.

Elena à Tbilissi (jointe par Skype)
Elena à Tbilissi (jointe par Skype) © Radio France / Caroline Gillet

ELLE 

Elena est une jeune réalisatrice géorgienne qui travaille sur les frontières.

Elle aime bien raconter l’histoire de ses parents : ils se sont rencontrés en août 1987. Avant la rentrée universitaire, les jeunes pouvaient aller dans des camps de vacances au bord de la mer noire. La mère d’Elena avait 17 ans et voulait absolument y aller avec 5 de ses copines. Son père ressemblait à Alain Delon et il y était avec quelques copains. Il l’a vue sur la plage, elle mangeait une pêche en mini-sort. Il lui a dit ‘je peux avoir un bout de ta pêche ?’ L’histoire ne dit pas ce qu’elle a répondu, mais un mois après ils étaient mariés et neuf mois plus tard, elle était enceinte d’Elena.

Ce qui n’a pas plu aux grands-parents maternels. La mère d’Elena vient d’une famille très communiste, très sobre, très conservatrice où ‘on joue au piano et on fait de la danse classique’. Son père au contraire, vient d’une famille très très libre : musique rock et premiers skate boards. 

Mais ce qui faisait très peur, c’est qu’en 1983, le frère du père d’Elena avait participé avec plusieurs amis, à une tentative de détournement d’avion pour fuir l’URSS vers la Turquie. Les jeunes avaient entre 19 et 23 ans, ils voulaient voir le monde et ils 'étouffaient en Géorgie'. Elena dit ‘à cette époque on ne pouvait pas porter de jeans, pas nager dans la mer après 21 heures, pas écouter de musique occidentale’. Tous les participants avaient été tués pendant l’assaut des services secrets ou condamnés à mort. L’oncle d’Elena était décédé dans l’avion. 

De son enfance en Géorgie, Elena se souvient de l’odeur des sapins, de la bonne musique et des poèmes de son grand-père. Ce n’est qu’il y a deux ans, qu’elle est rentrée à Tbilissi pour faire des films. Elena a emménagé dans l’appartement de la famille de sa mère.  Il n’y avait qu’un piano et les livres de son grand-père. Pas d’évier, rien.. Elle a acheté des meubles seconde main en ligne. Un jour, elle est allée acheter une table chez une dame et s’est rendu compte en arrivant qu’il s’agissait de l’unique survivante du détournement d’avion de 1983. 

Elena explique qu’elle fait un film sur les frontières parce qu’elle n’aime pas ça. Qu’enfant, elle ne s’est jamais sentie Belge ou à sa place. Ses amis étaient toujours des étrangers. Elle prépare une comédie en long métrage sur les histoires de frontières locales à partir d’histoires loufoques récoltées auprès des populations d’Abkhazie.

LE SAMEDI SOIR

Elena participe parfois aux célèbres banquets géorgiens au cours desquels, on porte de nombreux toasts.

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