Diana a des tatouages et des piercings, a rejeté l'Eglise de ses parents et veut être plus libre. Un jour peut-être, elle construira une maison dans un arbre en Asie.

Diana (jointe par Skype par Caroline Gillet)
Diana (jointe par Skype par Caroline Gillet) © Radio France

ELLE

Diana a des piercings dans le nez, dans le bras, des tatouages, des perles dans les cheveux qui sont à certains endroits de couleur violets. Il y a des drapeaux tibétains qui pendent près de la fenêtre et une tête de bouddha sur la commode. Les volets de sa chambre sont fermés pour cacher le soleil. Elle dit qu’elle brûle, qu’ils n’ont pas la climatisation, sauf au travail, c’est pour cela notamment, qu’elle adore y aller.

Comme ses parents, elle travaille dans le monde académique. Elle adore donner des cours de langue au FNCC, le Centre Culturel Franco namibien. Mais aussi depuis trois semaines, Diana donne des cours d’anglais et de français à l’université de Namibie. Elle dit que ce n’est pas simple, mais ce n’est pas plus mal, ‘je ne veux pas rester confortable, je veux grandir’. C’est pour ça qu’elle aime les voyages. Elle adore l’Inde et l’Asie, elle est allée au Sri Lanka, en Inde, au Népal et en Corée du Sud, on comprendra plus tard pourquoi. Elle dit ‘la norme en Namibie c’est de travailler dur puis de dépenser l’argent au bar ou pour une voiture. Moi j’économise pour voyager et découvrir des pays et des paysages. Les gens disent que c’est du gaspillage, moi je dis que ça fait partie de l’expérience humaine’. 

Ses parents sont Ougandais et Ghanéens, mais elle est née au Botswana où elle a vécu les 22 premières années de sa vie. Elle dit que c’est un pays qui est moins ouvert aux étrangers. Elle se souvient de moqueries à l’école notamment, parce qu’elle avait la peau foncée. ‘Avant, je croyais que ce serait toujours ça ma vie’ Elle s’est réellement rendu compte de la xénophobie des Botswanais en arrivant en Namibie il y a 5 ans pour y suivre ses parents. A chaque fois qu’elle dépassait quelqu’un dans la rue, elle avait les épaules tendues de peur de recevoir une remarque. En Namibie, il ne se passait rien.

Aujourd’hui elle dit qu’elle ne se sent pas attachée à un pays, mais à sa famille. Où que sa famille aille, elle s’y sentira chez elle. Ça n’a pas toujours été aussi simple.. Elle a été élevée dans une famille chrétienne très stricte et ses deux sœurs sont plus conventionnelles. Elle dit ‘je me sentais coincée et bloquée et limitée. Le style de vie, l’église tous les dimanches, la façon de s’habiller, de manger : tout était strict’. Elle se souvient qu’elle n’avait pas le droit d’inviter des garçons et qu’un jour, sa mère lui a fait enlever ses piercings pour les jeter dans les toilettes. Son père lui a dit plusieurs fois qu’elle ‘ne serait plus sa fille si elle continuait ainsi’. Mais arrivée à l’âge adulte, ‘je me suis rendue compte qu’il parlait avec peur, il avait peur de me perdre.’ Elle était légitime à une époque où Diana expérimentait les drogues, l’alcool, les tatouages. ‘Mes parents pensaient que je perdais mon temps. Pour moi c’était nécessaire. Il reste de ça des connaissances de la vie. Mes parents m’avaient trop protégée. Je sais que j’avais de la chance de l’être.. Mais j’avais aussi besoin d’apprendre que c’est difficile. Que dans la vie, pour chaque décision, il y a des conséquences. Et d’apprendre aussi, que c’est douloureux de grandir..’

En 2013, Diana est tombée amoureuse pour la première fois, c’était avec un garçon allemand. Ils se sont rencontrés un dimanche, cinq jours après elle lui a dit ‘je t’aime’ et ils sont partis pour le Sri Lanka pendant deux semaines. Elle dit ‘il est entré dans ma vie comme un orage, ma mère m’avait bien dit qu’il fallait avancer lentement, mais moi j’avance jamais lentement dans la vie, je veux tout maintenant. C’était rapide, dur, magnifique et la fin c’était comme la fin du monde’. Diana a été reconnaissante à sa mère qu’elle n’ait pas dit alors ‘je t’avais prévenue’. 'Un matin, je me suis réveillée, il était parti, il m’a laissé une lettre, c’était la dernière fois que je l’ai vu et pendant trois ans, je n’arrivais pas à vivre sans lui. J’avais l’impression d’être en hallucination tout le temps, que le monde exploserait sans lui’. Je pensais que c’était ça l’amour, mais aujourd’hui, je suis avec un autre garçon et je ne ressens pas ça et pourtant je suis bien’.

Après avoir été quittée par son amoureux allemand, Diana est partie seule, voyager pendant un mois et demie en Asie. Quand je lui demande ce qu’elle veut faire plus tard, elle répond qu’elle aimerait construire une maison dans un arbre, dans une forêt. Ce sera en Asie, il ne lui reste qu’à choisir le pays.

LE SAMEDI SOIR

Le samedi soir,  Diana est souvent sortie dans le quartier de Katitura qui, pendant la ségrégation, était le quartier noir.  On y trouve de la bière moins chère et de la viande au barbecue.

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