Rezvan habite en France depuis 10 ans. Avant elle était à Téhéran, elle vit dans une collocation avec des tapis et de la poésie, elle connaît le fromage et l'administration française. Le samedi soir, elle fait des fêtes chez elle.

Rezvan (jointe par Skype)
Rezvan (jointe par Skype) © Radio France / Caroline Gillet

ELLE

Rezvan vit en collocation avec deux Français, il y a aussi en ce moment un ami sur le canapé et un ancien ami iranien, squatteur, qui vient récupérer ses affaires.

Rezvan aime vivre en colloc parce que c’est moins cher et aussi pour que, quand elle rentre, il y ait de la lumière ou quelqu’un qui fait à manger, ‘pour ne jamais rentrer dans le vide’. Quand je lui rends visite, il y a des bougies allumées, des poires et mandarines sur la table (pour rappeler que c’est l’automne), des canapés confortables où on reste assis tard et des petites guirlandes de lumière. C’est elle qui décore, parce que c’est sa plus grande peur : vivre dans une collocation qui ne ressemble à personne, un espace neutre. Le jour ou elle est arrivée, elle a dit ‘mais c’est quoi cette maison sans tapis ?’ Son ex-colloc complète : pour les Iraniens, le plus important c’est les tapis et la poésie’. Rezvan en connaît plusieurs par cœur. 

En venant en France, son rêve était de ‘vivre la langue française’, parce qu’elle la trouvait belle. Mais encore plus, elle voulait des amis qui n’avaient pas vécu la même chose qu’elle. Elle dit qu’en Iran, on n’a que des amis Iraniens, voire même que des amis de Téhéran. ‘Ils ont tout les mêmes goûts, ma même pensée, mes mêmes souvenirs’, dit-elle. ‘Ici en France, j’adore le hasard : tu vas dans un bar, tu tombes sur une personne qui a une histoire extraordinaire et tu commences à parler. Ça peut durer 5 minutes ou devenir une grande amitié. Ce genre de choses ça ne m’arrivait pas en Iran’.

Elle dit qu’aujourd’hui, elle connaît la France : elle a vécu avec des Bretons qui ne mettent jamais le beurre dans le frigo (ce qu’elle n’avait jamais vu auparavant), elle a goûté les huîtres ‘qui sont le bonheur absolu’, elle mange tous les jours du camembert et elle a découvert la radio. Elle dit ‘donc je connais la France’. Ensuite, elle dit que tout est gérable si on connaît les règlements. ‘Il faut apprendre à gérer les papiers, comprendre le système, comment faire un dossier où chercher l’argent. Il y a des solutions et opportunités partout, mais on ne dit pas où elles sont cachées. Si tu les trouves, on te les donne, si tu les trouves pas, on te dis ‘désolée, il y a trop d’étrangers’. 

Quand elle est arrivée en France en 2007, Rezvan ne parlait pas français. Un jour, quelqu’un lui a dit avec enthousiasme qu’elle parlait enfin sans accent, ou presque. Elle dit ‘ça m’a fait peur ! J’aime bien avoir un peu d’accent : quand je parle, dans ma façon de m’habiller, de décorer, dans mes amitiés.. j’ai envie d’une vie avec accents, ça me plait’.

LE SAMEDI SOIR

Elle fait beaucoup de fêtes dans lesquelles il faut danser et où elle aime tisser des liens entre des gens qui ne se seraient jamais rencontrés. Ses fêtes sont légendaires, avec des invités de partout, de 20 ans ou de 70 ans. 

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