Le puzzle aura été l'une des vedettes inattendues de ce confinement, en séduisant les enfants et leurs parents. C'est l'occasion de philosopher sur ce jeu dont les ventes ont explosé de façon spectaculaire depuis deux mois.

Pendant le confinement, le puzzle s'est installé dans notre quotidien
Pendant le confinement, le puzzle s'est installé dans notre quotidien © Getty / John Greim

Les versions pour enfants sont précieuses, bien sûr, mais le puzzle pour adulte - 1000 pièces, s'il vous plait - est un régal d'activité en famille. Un vrai beau travail collectif, où chacun - quel que soit son âge - a l'occasion de faire montre de sa patience. Et à ce jeu-là, ce ne sont pas toujours les adultes qui gagnent !

Faire un puzzle donne une impression vertigineuse : à chaque pièce posée, on jurerait qu'on est en train de créer un monde. Ce joli paysage, cette toile de maître dont on ausculte pendant des heures les moindres petits détails, c'est nous qui les fabriquons. C'est un plaisir démiurgique, ni plus ni moins ! Il était temps que sonne la revanche ce passe-temps à l'image ringarde.

Les vertus rassurantes du puzzle

Chaque pièce a une place et une seule... On goûte au plaisir apaisant d'un monde ordonné, où il y a une raison pour chaque chose et une seule place pour chaque pièce. Il faut d'abord trouver les coins. Puis les bords. Et ensuite seulement, quand les limites sont bien définies, attaquer le contenu. A ce titre-là, le puzzle peut rendre optimiste. Un optimisme qu'on aurait emprunté au philosophe Leibniz : tout ce qui arrive, arrive pour une bonne raison. L'optimisme n'est pas un calcul, c'est une option métaphysique. Voilà comment un puzzle permet de réviser la philo !

Néanmoins, il faut aussi savoir prendre soin de ses nerfs. J'ai appris qu'il existait des puzzles monochromes (où la place de chaque pièce est déterminée par sa forme) : des puzzles tout noir, par exemple. Et le site Planet'Puzzle va mettre en vente, en juin, le plus grand puzzle du monde: 54.000 pièces. Je crois que l'optimisme a des limites. 

Reste une question coriace : la prononciation. Comment dire "puzzle" ? On dit comme Blier dans Les tontons flingueurs...

Le puzzle comme méditation

D'ailleurs le puzzle aussi permet de "ventiler" les méninges. Les mains et l'esprit occupés, on fait le vide : cela offre une forme de méditation. Je vous recommande le très joli papier que la journaliste Julia Vergely a consacré, sur le site de Télérama, au puzzle de mille pièces dont elle est si fière d'être venue à bout. Un tableau de Véronèse : "les noces de Cana". Elle écrit : 

L'apaisement sera venu d'un miracle en mille morceaux.

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