Des idées pour libérer la créativité des petits et des grands. Poissons d'avril et toutes sortes d'animaux à colorier, grâce à Claude Ponti, Pénélope Bagieu ou Louison. Sans dépasser, évidemment.

Dessin à colorier
Dessin à colorier © Capture d'écran document Claude Ponti

Quel plaisir, quelle immense satisfaction de constater qu’un rendez-vous, un événement, contrairement à tellement d’autres, n’est pas annulé : demain, nous serons le 1er avril. On va se coller des poissons sur le dos toute la journée. Alors aujourd’hui, on les prépare. Soyez créatifs : dessinez des merlus, des raies, des saumons, des requins marteaux ! C’est l’occasion de jouer les naturalistes, de se pencher sur les différentes espèces. Et si vous êtes un peu doué.e.s en dessin, allez piocher dans celles des profondeurs : les poissons des abysses, qui ont souvent de sacrées tronches - non, je n’ai pas dit qu’ils étaient moches. Je vous mets au défi, par exemple, de dessiner un coelacanthe d’avril, ce sera du plus bel effet.

Du poisson aux sorcières

Puisque les feutres sont sur la table, on passe aux coloriages. Le web regorge de pépites, en la matière, depuis le début de ce confinement. Faites un tour, notamment, sur le compte Instagram de la dessinatrice Louison. Vous y trouverez une girafe, un perroquet, un éléphant, un diplodocus ou encore un ver de terre : tous très rigolos, et tous en noir et blanc. Des dessins mis en ligne gratuitement. On imprime et on colorie. Pénélope Bagieu a publié sur Twitter quelques pages de sa récente BD adaptée de Roald Dahl, Sacrées sorcières : quel régal de colorier la grand-mère punk aux cheveux violets. Riad Sattouf et Boulet, deux autres dessinateurs de talent, proposent aussi des coloriages gratuits. 

Oh, un poussin masqué !

Ensuite, inventions un monstre. Un poussin saute en l'air. « Ce poussin, me dit la légende, saute par-dessus un monstre effroyabilieux, couvert de crottes de brouches, avec des dents en couteaux pointus, des yeux qui sentent mauvais et des oreilles de frapointe pleines d'escargots moisis. Mais on ne le voit pas, ce monstre. » Il faut d'urgence le dessiner. C'est du Claude Ponti ! Inimitable. Le monstre sacré de la littérature jeunesse publie des « Chozafères »  tous les jours, depuis le début du confinement. Il faut colorier un poussin qui a plongé dans la sauce tomate, un autre qui s’est éclapatouillé de crème chantilly, ou dessiner la baignoire d’un Ouroulboulouck. C’est absurde, c’est drôle, le vocabulaire prend son envol et s’affranchit du dictionnaire. Les lecteurs assidus de Blaise et le château d’Anne Hiversaire savent d'ailleurs que les poussins mettent dix jours à fabriquer un gâteau incroyabilicieux : dans les livres de Ponti, le temps ne s’écoule pas tout à fait normalement. Voilà qui est précieux, ces jours-ci.

Évidemment, les coloriages ne sont pas réservés aux enfants. Cette activité a, parait-il, des vertus relaxantes. J’y vois, pour ma part, un intérêt majeur au temps du confinement : le temps d’un coloriage, on oublie un peu l’actualité et le monde extérieur. Ça ne veut pas dire qu’on sombre dans le déni ou qu'on oublie la gravité de la crise que nous traversons. Mais on se fabrique, avec des feutres et des crayons de couleur, une nouvelle échelle des choses graves. Le pire qui puisse arriver, dans un coloriage, c’est de dépasser.

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